cancer de la prostate et sexualité

Cancer de la prostate – Réponses aux questions les plus fréquemment posées

Les traitements du cancer de la prostate entraînent des problèmes de libido, d’érection et d’éjaculation susceptibles daltérer la vie sexuelle des patients. Leurs préoccupations concernent les impacts de ces traitements, les solutions à mettre en œuvre et lattitude de chacun des partenaires afin que le couple retrouve une sexualité épanouie.

 

Impacts de la chirurgie de la prostate

1. Pourrai- je retrouver des érections normales ?

En fonction du degré d’extension du cancer de la prostate, la fonction érectile sera plus ou moins préservée.

Dans tous les cas, le patient doit être rassuré car des traitements existent, permettant la récupération progressive de ses capacités d’érections.

2. Pourrai- je retrouver des éjaculations normales ?

Après prostatectomie radicale, le patient ne pourra plus éjaculer vers l’extérieur. Cependant, il conservera le plaisir sexuel avec des orgasmes dits « secs », s’améliorants dans les mois qui suivront l’intervention.

3. Après combien de temps pourrai je reprendre une activité sexuelle ?

La récupération de la fonction sexuelle peut intervenir dans un délai de quelques semaines à 2 ans suivant la date de l’intervention.

Cette récupération peut s’opérer spontanément, mais plus souvent après prescription de traitements qui ne sont pas obligatoirement définitifs, mais modulés au cours du suivi médical en fonction des progrès du patient dans la  récupération de ses érections.

Ces traitements doivent être institués précocement après la chirurgie, pour éviter de voir s’installer une fibrose des tissus érectiles qui  peut compromettre la qualité du résultat final de la réhabilitation sexuelle.

4. Pourrai- je procréer à nouveau ?

Puisque l’intervention chirurgicale supprime le sperme, il devient impossible de procréer de façon classique. Si le couple a un projet de conception, ce qui est assez rare aux âges où survient le cancer de la prostate,  du sperme devra être déposé dans une banque de sperme avant la réalisation de l’intervention pour y être conservé à cet effet.

 

Impacts de la radiothérapie sur la prostate

1. Pourrai- je retrouver des érections normales ?

Les bandelettes vasculo nerveuses de l’érection, qui sont anatomiquement en rapport intime avec la prostate reçoivent la même irradiation que la glande au cours de ces traitements.

Comme avec la chirurgie, l’âge et de la qualité de la sexualité du patient avant l’intervention jouent un rôle important dans l’apparition des troubles de l’érection après traitement.

La fonction érectile est souvent peu perturbée à la fin de la radiothérapie, diminue progressivement durant les 2 ans qui suivent ce traitement. Globalement près de la moitié des patients conservent tout ou partie de leurs capacités érectiles quelques années après l’irradiation.

Pour les autres, l’urologue proposera des traitements pour pallier à ces problèmes.

La dévascularisation et la fibrose des tissus induites par la radiothérapie sont à l’origine des troubles de l’érection après ces traitements.

2. Pourrai- je retrouver des éjaculations normales ?

Pour traiter le cancer de la prostate, l’irradiation de la glande doit être importante et son fonctionnement est altéré. Dans la mesure où le liquide prostatique constitue la majeure partie du volume de l’éjaculât de sperme, celui ci peut être fortement réduit ou disparaitre après radiothérapie, mais n’empêche nullement l’apparition d’un orgasme dit « sec », assez satisfaisant pour la sexualité du patient.

 

Quelles solutions pour retrouver une sexualité satisfaisante ?

1. Quelle place pour les médicaments ?

Ils sont préconisés pour des troubles modérés. Ils améliorent la fréquence et la qualité des érections, ainsi que l’oxygénation du tissu caverneux, en stimulant l’irrigation sanguine du pénis. Les érections qu’ils induisent peuvent durer plus d’une heure.

En cas d’inefficacité  ou d’érections trop « molles » pour permettre des relations complètes, les solutions suivantes sont à envisager.

2. Quest-ce quune «injection intra-caverneuse » ?

Injections intra caverneuses penisPratiquée à la base de la verge avec une aiguille très fine, elle entraine une érection proche de l’érection naturelle. Elle améliore l’irrigation sanguine du pénis par dilatation des vaisseaux sanguins.

 

Le patient est éduqué à la pratique de cette technique par un urologue ou un andrologue, ce qui permet habituellement une excellente acceptation de ce traitement régulièrement efficace et d’éviter les incidents.

 

3. Quest-ce que le « vacuum » ou « pompe à vide » ?

sexualite prostate - vacuum penisC’est un érecteur à dépression représenté par un cylindre creux en plastique transparent ouvert à l’une de ses extrémités, et dans lequel on introduit le pénis. L’autre extrémité du cylindre est reliée à une pompe.

Le vide crée un afflux sanguin dans les corps caverneux provoquant une érection.

L’érection induite par ce système se maintient parce qu’un anneau élastique est placé à la base de la verge, qui joue un rôle de compression.

Cette solution nécessite une certaine préparation mais son efficacité est supérieure à 90% et elle évite le recours aux médicaments. De plus, sa tolérance, son absence d’effets secondaires et son rapport qualité/prix sont excellents.

4. Comment fonctionnent les implants péniens ?

cancer prostate implants péniensIls sont implantés chirurgicalement dans le pénis. Plusieurs types d’implants sont disponibles mais le plus élaboré est représenté par deux cylindres gonflables placés dans les corps caverneux, reliés à un réservoir rempli de liquide placé devant la vessie et à une pompe placée dans les bourses à côté des testicules et que le patient actionne lui-même pour déclencher ou arrêter une érection.

Dans la mesure où ces cylindres prennent la place du tissu érectile des corps caverneux, cette solution ne doit être envisagée que lorsque le fonctionnement de ces tissus est définitivement altéré, en cas d’échec des autres traitements.

 

Impacts sur la libido des traitements du cancer de la prostate

La libido risque d’être affectée par les angoisses crées par l’annonce de la maladie ainsi que par les possibles évolutions du cancer, et les conséquences physiques et psychologiques de ses  traitements.

La situation doit être dédramatisée aux yeux du patient ; le couple doit être conscient des efforts de dialogue, de compréhension et de complicité dont il devra faire preuve aidé, le cas échéant, par la prise en charge d’un sexologue.

 

Que doit faire chaque partenaire pour que le couple conserve sa sexualité ?

1. Quelle participation devrai-je mettre en oeuvre?

Le patient doit communiquer sans tabou avec sa partenaire et n’être gêné, ni par ses difficultés à avoir des érections ou des éjaculations, ni par les solutions qu’il adopte à cet effet. Il doit les mettre en œuvre le plus tôt possible mais, avant toute chose, être motivé pour retrouver une vie sexuelle épanouie.

2. Quelle participation ma partenaire devra-t-elle mettre en oeuvre ?

La partenaire doit aider le patient à mettre en œuvre les traitements prescrits en restant patiente, discrète et en maintenant son désir. Il importe qu’à cet effet, elle joue un rôle proactif. Elle doit également veiller à son propre bonheur sexuel, sans se sacrifier  pour le bien-être de son conjoint.