HIV-virus

Traitement du cancer de la prostate chez les sujets HIV-Positifs

Les cancers de la prostate semblent moins fréquents chez les sujets HIV positifs à iso gamme d’âge. De plus, certains traitements anti HIV sont efficaces contre ces cancers. Les sujets HIV positifs supportent les interventions liées à ces maladies ; cependant, en l’absence de précautions particulières, les taux de HIV positifs peuvent augmenter avec certains de ces traitements.

 

Moindre fréquence des cancers de la prostate en cas de HIV

– La fréquence de ces cancers n’est pas plus grande en cas de HIV

Seules des études qui ne neutralisent pas les effets liés à l’âge ont cru démontrer un taux plus élevé de cancer prostatique chez les hommes HIV positifs.

Or, l’efficacité croissante des traitements contre ce virus augmente notablement leur durée de vie et conduit ainsi ces sujets à être plus nombreux dans les classes d’âge élevé, dans lesquelles ce cancer est plus fréquent.

La neutralisation d’un tel effet d’âge a conduit à des résultats opposés.

– Etudes confirmant la moindre fréquence de ces cancers chez les HIV positifs

Plusieurs études ont montré que les hommes HIV positifs présentaient des risques de cancer de la prostate 30% moins élevés que les autres. Notamment, la fondation médicale californienne « Kaiser Permanente » a confirmé cette évaluation sur un échantillon de plus de 200000 hommes.

 

Explications possibles de la moindre fréquence de ces cancers en cas de HIV

– Moindre dépistage des cancers chez les HIV positifs

Ce phénomène n’est pas lié à cette cause, car, au contraire, ces personnes subissent davantage de tests de PSA sanguins.

– Effet favorable du déficit de testostérone

Les hommes HIV positifs présentent un déficit de testostérone, qui agit sur le volume et le fonctionnement de la prostate. Cependant, l’effet de cette hormone sur ce type de cancer n’a pas été clairement démontré.

Ce sont surtout les deux causes listées ci-après qui pourraient expliquer un tel phénomène :

– Traitement inhibiteur de la protéase

Il s’agit d’une protéine virale à la source de la réplication de virus tels que le HIV, qu’un traitement inhibiteur chez les sujets positifs permet donc de stopper.

Une étude menée sur plus de 30000 de ces patients a montré que ce traitement anti-HIV conduit à diminuer de près de 10% par an le risque de cancer de la prostate.

Cependant, les patients atteints d’un cancer prostatique ne peuvent hélas en bénéficier, notamment, car il augmente le risque relatif à d’autres types de cancer.

– Traitement par anti-CCR5

Il s’agit de protéines de surface des globules blancs qui aident le HIV à envahir les cellules hôtes. La lutte contre ce virus utilise donc des anti-CCR5.

L’implication des CCR5 dans de nombreux cancers a déjà été prouvée. Une étude, encore au stade expérimentale, montrerait que leur signalisation joue un rôle clé dans les gènes promoteurs des métastases du cancer de la prostate. Par ailleurs, les CCR5 sont surreprésentés dans les cellules de cancer prostatique et, dans les métastases correspondantes.

On comprend alors que les traitements anti HIV à base d’anti-CCR5 puissent réduire significativement (parfois de plus de 50%) les métastases des cancers de la prostate.

 

Un virus à l’origine des cancers de la prostate ?

Le XMRV est un virus cousin du HIV. Des études anglo-saxonnes (2006 – 2009) ont cru à sa forte surreprésentation chez les patients atteints d’un cancer de la prostate, et en ont alors déduit une cause virale à cette maladie.

Depuis 2011, il s’est avéré que ces résultats expérimentaux ont été le fruit de grossières erreurs de manipulations.

Hélas, certains sites internet font encore état de cette fausse information, d’où notre présent rappel.

Capacités des HIV positifs à supporter les traitements de ces cancers

Radiothérapie

Il semble qu’un traitement par radiothérapie du cancer de la prostate peut être envisagé dans les mêmes conditions chez les sujets infectés par le HIV que chez les autres. Une étude récente tend à démontrer :

a) que la radiothérapie n’a aucun effet négatif à long terme sur le système immunitaire

b) que les complications post-interventions sont comparables chez les hommes HIV positifs et négatifs.

Prostatectomie

Des conclusions analogues ont été tirées par des équipes médicales newyorkaises concernant la prostatectomie.

Impacts des traitements du cancer de la prostate sur le HIV

Des études menées par des compagnies d’assurance sur plus d’un million d’hommes ont montré que ceux prenant des traitements favorisant les érections, notamment pour contrer les effets des interventions en cas de cancers de la prostate, sont en proportion 2 à 3 fois plus nombreux à être infectés par le HIV.

Cependant, de telles populations ont souvent entre 60 et plus de 80 ans, âges auxquels on remarque des taux bien inférieurs à la moyenne de recours aux préservatifs et aux dépistages du HIV.

Les hommes de ces tranches d’âge et soignés de ces cancers doivent ainsi recevoir des conseils particuliers de précautions en matière de rapports sexuels.

Quelques éléments bibliographiques

Etudes confirmant la moindre fréquence de ces cancers en cas de HIV

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24820107

http://www.aidsmeds.com/articles/prostate_cancer_risk_1667_25682.shtml

http://www.sida.ch/news/HIV-et-cancer-de-la-prostate.aspx

http://www.aidsmap.com/Men-living-with-HIV-have-a-lower-risk-of-prostate-cancer/page/2855324/

Explications possibles à ce phénomène

http://cancerres.aacrjournals.org/content/74/23/7103.short?rss=1

Capacités des HIV positifs à supporter les traitements de ces cancers

http://www.aidsbeacon.com/news/2011/11/30/radiation-treatment-is-effective-and-safe-in-hiv-aids-positive-men-with-prostate-cancer/

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2239296/

http://www.rxlist.com/script/main/art.asp?articlekey=117829

Revue des études sur cancer de la prostate et HIV

http://www.medscape.com/viewarticle/589075_1        et suivantes jusqu’à_7