Radiothérapie

Radiothérapie externe comme traitement du cancer de la prostate

Par le docteur Elie HADDAD

Oncologue Radiothérapeuthe – Centre HARTMANN

Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l’homme de plus de 50 ans avec en France 70 000 cas et 9 000 décès par an. Il évolue souvent lentement et peut être actuellement diagnostiqué précocement par un examen clinique et une prise de sang (dosage du PSA , antigène spécifique de prostate). Les moyens de traitement sont nombreux et efficaces. Ils font appel soit à la chirurgie, soit à la radiothérapie soit à l’hormonothérapie soit aux ultra-sons. Le choix du traitement dépend de chaque cas particulier : âge, résultat des biopsies, taux de PSA, résultat des examens complémentaires radiologiques ou scintigraphiques, ainsi que l’état général du patient. Le but recherché est d’obtenir le meilleur contrôle de la maladie en produisant le minimum d’effets secondaires liés au traitement.

La radiothérapie externe est l’un des moyens les plus souvent utilisés. Les deux techniques actuelles sont la radiothérapie conformationnelle et la radiothérapie volumétrique avec modulation d’intensité guidée par l’image.

La radiothérapie externe s’effectue avec des appareils appelés accélérateurs de particules qui permettent de délivrer avec une très grande précision et par voie externe ( sans toucher le patient ) une dose de rayons X de très haute énergie, capables d’atteindre une cible profondément située en préservant les organes sains situés à proximité.

 

Comment agit la radiothérapie ?

Les radiations agissent par cassure des brins d’ADN des chromosomes, ce qui empêche les cellules de se diviser : à la fin de leur vie les cellules meurent sans avoir fabriqué d’autres cellules, ce qui provoque à terme la disparition de la tumeur.

La plupart des cellules normales ont la capacité de réparer les cassures provoquées par les rayons et récupéreront une vie normale et une capacité de division .

Ce mode d’action explique à la fois le délai d’action des rayons X (qui n’est pas immédiat mais nécessite plusieurs semaines pour se manifester), les effets secondaires contemporains de l’action des rayons sur les cellules normales, et l’absence habituelle de séquelles graves sur les tissus normaux grâce aux phénomènes de réparation.

 

Comment se prépare un traitement de radiothérapie externe ?

Le médecin radiothérapeute étudie le dossier et détermine le volume dans lequel il souhaite délivrer les rayons ainsi que la dose totale et le fractionnement (nombre de séances). Les rayons sont émis par une machine située à proximité du patient ; ils traversent la peau pour atteindre la tumeur.

On réalise d’abord un repérage de la prostate, des tissus que l’on souhaite irradier et des organes que l’on souhaite protéger. Le repérage se fait en 3 dimensions grâce à un scanner dit de centrage ou de simulation, qui est réalisé en position de traitement avec des moyens de contention.

 

Scanner centrage radiotherapie

Le médecin procède au contourage des volumes précités et décide de la dose à délivrer dans chaque volume, puis interviennent les physiciens et les dosimétristes pour calculer et optimiser la technique de radiothérapie.

 

Comment se déroule le traitement ?

Le traitement de radiothérapie se déroule en courtes séances que l’on répète 35 à 40 fois soit une dose totale entre 70 et 80 grays(unité de dose). Le rythme est quotidien, 5 jours par semaine et chaque séance dure environ 10 à 15 minutes ; le traitement est effectué par des techniciens spécialisés appelés manipulateurs en radiothérapie. En cours de traitement des contrôles de positionnement sont effectués par radiographies ou scanner intégrés dans la machine de radiothérapie.

 

Quels sont les effets secondaires de la radiothérapie ?

Les effets secondaires en cours de traitement sont liés à l’irritation des organes de voisinage de la prostate, soit la vessie, le rectum, l’urètre et l’anus.

 

Radiotherapie prostate et rectum

 

Il s’agit de mictions fréquentes et parfois impérieuses, de congestion rectale pouvant entrainer des signes hémorroïdaires, de brûlures en urinant et de levers nocturnes plus fréquents.

Ces irritations disparaissent après la fin du traitement mais peuvent être minimisées par une hydratation importante et un régime alimentaire adapté.

La fatigue peut survenir en fin de traitement, elle dépend de plusieurs facteurs

Les effets secondaires tardifs qui peuvent survenir plusieurs mois après la fin du traitement sont rares grâce à la précision de la technique d’irradiation ; il s’agit de la rectite avec émission de glaires ou de sang au moment des selles et de la cystite avec douleur du ventre et saignement dans les urines. Leur fréquence est faible autour de 1à3 %. Les troubles de l’érection sont également retardés et concernent 30% des patients.

 

Avantages de la radiothérapie externe

Cette technique évite le recours à une chirurgie et à une anesthésie générale, ainsi que les risques y afférents.

A priori, elle donne moins de complications urinaires et sexuelles que la chirurgie.

Le patient n’a pas besoin d’être hospitalisé.
Elle est d’une efficacité équivalente en termes de récidive locale sur des périodes de 5 à 7 ans. Cependant, son efficacité est possiblement inférieure à celle de la chirurgie sur des délais plus longs.

 

Inconvénients de la radiothérapie externe

Ses effets indésirables sont liés à l’impact des rayonnements sur les cellules saines. Ceux-ci sont de nature temporaire ou permanente et dépendent notamment des doses et de la localisation des rayonnements, des volumes irradiés ainsi que de l’état général du patient et de sa radiosensibilité.

Ils peuvent être minimisés par une optimisation de la radiothérapie.

Problème majeur : en cas d’échec de ce traitement, il aura rendu définitivement impossible le recours ultérieur à une prostatectomie, en raison du remaniement local des tissus lié à la mauvaise cicatrisation engendrée par les doses importantes de rayons que suppose une radiothérapie efficace.

 

Préconisations

La radiothérapie externe est recommandée en alternative des autres traitements pour les cancers repérés aux stades inférieurs à T3 (T1 ou T2)*, localisés (limités à la glande) ou non, mais sans extension à distance.

Pour les cancers avancés de stade T3, elle est la solution préconisée en accompagnement d’une hormonothérapie sur 2 à 3 ans, ce protocole fournissant des gains significatifs en matière de survie.

Elle peut également être préconisée pour diminuer les douleurs engendrées par l’existence de métastases.

* cf. article sur le sujet – T1 : impossible de palper la tumeur ni de la détecter par imagerie. ; T2 : limitée à la prostate. ; T3 : propagée hors de la capsule de la prostate. ; T4 : propagée à des structures avoisinantes (autres que les vésicules séminales) : rectum, paroi pelvienne, vessie.

 

Quelques éléments bibliographiques

Définition

http://www.prostate.fr/cancer-de-la-prostate/traitements/

http://curie.fr/fondation/cancer-prostate-radiotherapie-externe

Protocole de traitement

http://urologie-davody.fr/cancer-de-la-prostate/traitements/la-radiotherapie-externe/

http://www.chu-nantes.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1366636475432

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Radiotherapie-externe

Avantages et inconvénients de la radiothérapie externe

http://www.procure.ca/radiotherapie-externe/

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Radiotherapie-externe/Effets-secondaires

http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/prostate/treatment/radiation-therapy/

http://www.prostate-paris.fr/?page=50&

Préconisations

http://www.cancer-de-la-prostate.fr/comprendre-cancer-prostate/decision-operer-cancer.html