ESMO 2017 Congress

ESMO : un doublet d’immunothérapie pour traiter le cancer du rein métastatique

Les découvertes de l’étude étude randomisée de phase 3 « CheckMate 214 »  avait pour objet de mesurer l’impact de l’association nivolumab + ipilimumab (Nivo+Ipi) versus sunitinib (Sun) chez des sujets diagnostiqués avec un cancer du rein à cellules claires et majoritairement considérés comme ayant un risque intermédiaire ou mauvais. Les résultats de cette étude ont eu les honneurs d’une présentation dans le cadre d’un des symposiums du congrès ESMO 2017.

L’évaluation de l’étude s’est basée sur l’analyse de 3 signaux:

  1. le taux de réponses tumorales objectives (ORR),
  2. La survie sans progression (PFS) évalués par un comité indépendant
  3. La survie globale (OS).
 Au total, 1 096 patients ont participé à cette étude : 550 dans le groupe Nivo +Ipi et 546 dans le groupe Sun.

Les résultats suivants ont été documentés dans le bras Nivo+Ipi versus le bras Sun chez 850 sujets à risque intermédiaire ou mauvais avec une période de suivi minimum de 17,5 mois.

  1. L’étude a mis en évidence un taux de réponses tumorales objectives de 41,6 % (dont 9,4 % de réponses complètes) versus 26,5 % (dont 1,2 % de réponses complètes).
  2. Les chercheurs ont aussi pu constater une différence significative de survie globale en faveur du bras Nivo+Ipi (Hazard Ratio [HR} = 0,63). La différence en termes de survie sans progression n’atteignant pas le niveau de seuil de signification statistique, mais est quand même de plus de 3 mois (11,6 vs 8,4 mois).

Chez les quelque 25 % de sujets à risque intermédiaire ou mauvais dont la tumeur exprimait PD-L1, les taux de réponse sont particulièrement élevés (16 % de réponses complètes) et la médiane de survie sans progression approche le niveau des 24 mois.

Les conclusions de l’étude « CheckMate 214 »  sont donc positives, les réponses documentées sont considérées comme durables puisque la médiane de durée de réponse n’est pas encore atteinte dans le bras Nivo+Ipi versus 18,2 mois dans le bras Sun.

Une analyse exploratoire a en revanche montré que les bénéfices observés chez les sujets à risque intermédiaire ou mauvais n’étaient pas retrouvés chez les quelque 250 sujets à risque favorable. Dans cette population, le sunitinib a donné les meilleurs résultats en termes de taux de réponses et de survie sans progression.

En terme de toxicité, plus des 3/4 des patients ont pu recevoir les quatre doses de traitement combiné prévues par le protocole. Il y a eu 24 % d’arrêt de traitement pour effets secondaires, mais, globalement, le traitement Nivo+Ipi est plutôt bien toléré et la qualité de vie est meilleure que sous Sun.

Ces résultats permettent de conclure que ce doublet immunologique est certainement le futur standard de première ligne métastatique chez les sujets à risque intermédiaire ou mauvais. L’impact de l’expression tumorale de PD-L1 devra être confirmé avant que ce critère ne soit utilisé pour orienter le choix du traitement.