Aujourd’hui, la pratique de la chirurgie laparoscopique entre les mains de l’urologue concerne surtout l’ablation partielle ou totale du rein notamment pour traiter le cancer du rein, la correction des anomalies congénitales de la jonction pyélo-urétérale ou celle des troubles de la statique pelvienne chez la femme (le prolapsus génital), la chirurgie du cancer de la prostate et maintenant également celle du cancer de la vessie.

Le bloc opératoire au cours d'une chirurgie par coelioscopie.

Opération par coelioscopie

La coelioscopie – ou laparoscopie – est pratiquée à travers de courtes incisions de la paroi abdominale permettant l’introduction d’instruments chirurgicaux spécialement conçus pour la réalisation de cette chirurgie endoscopique.
L’opérateur, qui visualise le champs opératoire sur un écran de télévision à l’aide d’une caméra Tri-CCD, bénéficie d’une magnification de l’image qui lui permet de voir des détails invisibles à l’œil nu.
Ce grossissement considérable du champ opératoire et la maniabilité de l’optique lui permettent un geste chirurgical plus précis car il travaille «à une autre échelle».

Les premiers balbutiements de la coelioscopie remontent en fait à près de deux siècle en arrière de nous avec la mise au point par Bozzini d’un endoscope utilisant la flamme d’une bougie comme source lumineuse.
Mais ce n’est qu’au début du siècle dernier, en 1901, que Georges Kelling de Dresde utilise, pour la première fois le terme de coelioscopie pour examiner la cavité abdominale après l’avoir gonflée d’air.
La voie est alors ouverte et de nombreuses étapes liées au développement technologique vont aboutir à la laparoscopie moderne.

En 1911, Edouard Jacobeus décrit la laparothoracoscopie. Bernheim introduit l’organoscopie.
En 1918, Goetze met au point une aiguille pour créer le pneumopéritoine sans léser les organes abdominaux.
En 1938, le Hongrois Veress propose l’aiguille qui porte son nom et en 1944, Raoul Palmer pose les principes de l’examen gynécologique par coelioscopie.

Kurt Semme invente l’insufflateur automatique en 1960.

La première association de laparoscopistes est créée en 1971 par les Gynécologues américains.
En 1982, la première caméra endoscopique ouvre la voie à la laparoscopie moderne.
Cinq ans plus tard, Philippe Mouret à Lyon en 1987 réalise la première ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie) par laparoscopie, pour les chirurgiens américains « the second french révolution».

Cette première cholecystectomie coelioscopique ouvre en effet la voie au développement que va connaître dans les années suivantes la chirurgie abdominale et digestive laparoscopique avec notamment:

la chirurgie du colon et de l’estomac (cure de la hernie hiatale et du reflux gastro-oesophagien);
la chirurgie de l’obésité (chirurgie baryatrique);
la cure de la hernie inguinale et des autres défects de la paroi abdominale;
l’exérèse de la rate pathologique.

La chirurgie endocrinienne et notamment l’ablation des glandes surrénales, la chirurgie thoracique, la chirurgie pédiatrique, la chirurgie gynécologique et la chirurgie cardio-vasculaire représentent également des champs d’application majeurs.

Le développement de ces techniques a été rendu possible par les progrès et l’ingéniosité de l’industrie qui a pu concevoir et réaliser des instruments et l’environnement du bloc opératoire adaptés à cette chirurgie technologiquement exigeante.

En urologie, les premières interventions datent des années 80, mais les interventions sont limitées à de rares indications comme le traitement des varicocèles, la cure des ectopies testiculaires et les curages ganglionnaires.
En fait, le développement de la laparoscopie urologique va démarrer après la première ablation d’un rein, réalisée par Claymann et Kavoussi en 1991, suivie quelques mois plus tard, d’un même cas de néphrectomie totale réalisé à Dijon par une équipe française (Ferry).

A partir de 1994 des progrès considérables sont réalisés avec l’acquisition de l’expérience chirurgicale: les techniques deviennent standardisées et reproductibles. La capture de l’image opératoire permet la réalisation de vidéo transmissions de bonne qualité, diffusées dans les congrès ou mises en ligne, qui sont un élément d’enseignement important pour les chirurgiens qui viennent de plus en plus nombreux vers ces techniques.

En 1991, Schuessler aux USA réalise la première prostatectomie radicale par coelioscopie, mais il est découragé par la difficulté de la technique et abandonne cette voie.
Elle sera remise à l’honneur par Gaston à Bordeaux en 1997, rapidement suivi par Guillonneau et Abbou. La faisabilité et la reproductibilité de la technique vont ainsi être démontrées et préluder à sa très large diffusion internationale.
En 2003, Mani Menon à Chicago, réalise la première prostatectomie assistée du robot Da Vinci.