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Une étude identifie l’expression des différents mécontentements chez les hommes traités pour un cancer de la prostate

Une étude identifie l’expression des différents mécontentements chez les hommes traités pour un cancer de la prostate
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À mesure que les hommes chez qui on a diagnostiqué un cancer de la prostate vieillissent, en viennent-ils à regretter les décisions thérapeutiques qu’ils ont déjà prises ? Une étude réalisée en 2017 auprès de 934 hommes diagnostiqués au milieu des années 1990 indique que certains regrettent leur choix.

Les scientifiques ont passé en revue les réponses que 934 hommes avaient rempli 15 ans après avoir été traités pour la première fois pour le cancer de la prostate.

Les hommes étaient âgés de 75 ans ou moins au moment du diagnostic, et chacun avec des tumeurs localisées qui étaient encore confinées à la glande prostatique. Environ 60 % des hommes avaient des cancers de la prostate à faible risque dont on s’attendait à une croissance lente, et les autres avaient des cancers plus agressifs qui étaient plus susceptibles de se propager. La plupart des hommes (89 %) ont été traités par chirurgie ou radiothérapie. Les autres ont été traités soit par blocage hormonal soit par inclusion dans un protocole de surveillance active.

Dans l’ensemble, près de 15 % de l’ensemble du groupe ont exprimé des regrets quant au traitement – près de 17 % des hommes traités par radiothérapie, 15 % des hommes ayant subi une intervention chirurgicale et environ 8 % des hommes traités de façon conservatrice. En citant la cause de leurs regrets, les hommes qui ont été traités chirurgicalement étaient les plus susceptibles de déclarer des effets secondaires sexuels tels que l’impuissance (près de 41 %), tandis que les hommes traités par radiothérapie avaient plus de problèmes intestinaux (près de 16 %). Fait remarquable, les plaintes au sujet de l’incontinence urinaire différaient peu entre les groupes, allant d’un faible taux de moins de 16 % chez les hommes traités de façon conservatrice à un taux élevé de près de 18 % chez les hommes traités par radiothérapie.

Les résultats ont également montré que les mécontentements augmentent avec le temps. La raison n’est pas claire, mais les auteurs ont supposé que lorsque les hommes cessent de s’inquiéter au sujet du risque de récidive de leur cancer de la prostate, les conséquences sur la qualité de vie de leurs choix de traitement deviennent plus apparentes. Les regrets étaient particulièrement prononcés chez les hommes qui estimaient qu’ils n’avaient pas été suffisamment conseillés par leurs médecins avant d’opter pour un traitement particulier, ainsi que chez les hommes qui étaient préoccupés par la modification des taux de PSA  lors des tests effectués pour surveiller le risque de recidive du cancer.

Compte tenu de ces résultats, les auteurs ont insisté sur l’importance de conseiller de façon complète les hommes et de les informer des risques et des avantages associés aux divers traitements. Par ailleurs, les hommes devraient également être rassurés sur le fait que les traitements du cancer de la prostate se sont améliorés depuis le milieu des années 1990, et que les effets secondaires intestinaux et urinaires en particulier ne semblent pas se produire aussi fréquemment que lorsque les hommes de cette étude ont été diagnostiqués.

 

Bibliographie

Ho man MH, Lo M, Clark JA, et al. Treatment Decision Regret Among Long-Term Survivors of Localized Prostate Cancer: Results from the Prostate Cancer Outcomes Study. Journal of Clinical Oncology 2017;35(20):2306–14. PMID: 28493812.

 

Docteur André-Philippe DAVODY, chirurgien urologue.

Le Dr André Philippe Davody est Chirurgien Urologue, inscrit depuis 1984 au tableau de l’Ordre des Médecins de la ville de Paris, spécialiste en chirurgie générale, en chirurgie urologique ainsi qu’en chirurgie robotique (Da Vinci). Il est également depuis 1999 expert près la Cour Administrative d’Appel de Paris. Depuis 2018, il est agréé par la Cour de Cassation et inscrit sur la liste Nationale des experts.