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Le cancer du pénis est une maladie relativement peu courante. Il est généralement diagnostiqué chez les hommes âgés en moyenne de 60 ans. Quelles en sont les causes ? Comment le diagnostiquer et le traiter ? Voici des éléments de réponse.

Cancer du pénis : qu’est-ce que c’est ?

Le cancer de la verge – ou du pénis – est relativement rare en France. Il se développe le plus souvent chez les hommes âgés en moyenne de 60 ans.

La grande majorité des tumeurs du pénis sont en réalité des tumeurs de la peau. Pour la plupart d’entre elles, il s’agit d’un carcinome épidermoïde.

Les lésions du pénis peuvent concerner :

  • le gland ;
  • le prépuce ;
  • la couronne ;
  • le corps caverneux.

Elles s’accompagnent souvent d’une induration et d’une ulcération à l’extrémité de la verge. Dans certains cas, les ganglions inguinaux sont inflammatoires et proéminents.

 

Les causes du cancer du pénis

Certains facteurs de risque augmentent les chances de développer un cancer de la verge.

Il peut s’agir :

  • d’une infection à papillomavirus humain (HPV) ;
  • d’une inflammation chronique de la verge due à une mauvaise hygiène génitale ;
  • d’un phimosis (rétrécissement du prépuce), compliquant l’hygiène génitale ;
  • de la consommation tabagique ;
  • de lésions précancéreuses induites par la maladie de Bowen ou l’érythroplasie de Queyrat.

On note toutefois certains facteurs protecteurs contre le cancer du pénis, comme la vaccination anti-HPV et la circoncision réalisée dans l’enfance.

 

Les symptômes du cancer du pénis :

Certains signes cliniques peuvent être évocateurs d’un cancer de la verge. Cependant, la présence de ces symptômes peut aussi être le fruit d’une autre pathologie bénigne. Il convient donc de prendre rendez-vous auprès de votre médecin afin d’approfondir les analyses.

En général, la tumeur du pénis prend la forme d’une lésion rouge et ulcéreuse, ne provoquant pas de douleurs. Elle peut aussi revêtir un aspect induré ou verruqueux. Ces lésions persistent dans le temps, contrairement à d’autres excroissances bénignes.

En présence d’une érythroplasie de Queyrat, une zone discrètement rouge et « veloutée » ou croûteuse se forme sur le pénis. Elle apparaît généralement sur le gland ou à l’intérieur du prépuce.

Le même aspect est retrouvé dans les lésions provoquées par la maladie de Bowen, mais celles-ci se développent sur le corps du pénis, et les nodules sont plus petits.

On peut également noter dans certains cas une augmentation du volume des ganglions inguinaux en cas de propagation du cancer.

 

Diagnostic du cancer de la verge

Le diagnostic de cancer du pénis commence par une consultation avec un examen clinique de la zone. Il comprend une palpation du pénis, de la lésion observée et des aires ganglionnaires de l’aine.

En cas de doute sur la nature de la tumeur, des examens complémentaires sont prescrits. Les médecins demandent alors la réalisation d’une biopsie de la lésion afin de prélever des échantillons de tissus. Une biopsie peut également être réalisée sur les ganglions lymphatiques si ceux-ci sont augmentés de taille ou enflammés.

Un scanner ou une IRM peuvent aussi être envisagés pour évaluer une possible extension du cancer en dehors de la verge.

Voir notre article sur les symptômes et signes de la sténose urétrale

 

Traitements d’une tumeur du pénis

Les traitements de référence contre le cancer du pénis résident majoritairement dans l’application d’une crème ou dans la chirurgie.

En présence d’une tumeur de petite taille de stade précoce, on peut proposer l’application d’une crème à base de fluorouracile ou d’imiquimod ou pratiquer l’exérèse de la tumeur avec une marge de sécurité, soit par laser, soit par chirurgie classique.

Pour d’autres types de tumeurs, la prise en charge thérapeutique penche plutôt pour la chirurgie. Le plus possible, les chirurgiens essaient de préserver l’organe génital afin de limiter les conséquences pour le patient. Dans ces conditions, les patients peuvent continuer à avoir une activité sexuelle et des mictions avec le tissu pénien restant.

En revanche, si la tumeur est trop volumineuse, l’intervention chirurgicale est plus mutilante. Lorsque la maladie s’est étendue aux ganglions lymphatiques inguinaux, le chirurgien peut avoir recours au curage ganglionnaire pour en pratiquer l’ablation. Dans certains cas, il est également possible de réaliser une chimiothérapie néoadjuvante (avant la chirurgie).

Votre médecin peut prescrire une radiothérapie en cas d’impossibilité de chirurgie, ou si la maladie s’étend malgré l’exérèse de la tumeur.

 

Pronostic et survie

Le cancer du pénis est dans la majorité des cas de petite taille et ne se propage pas au reste du corps. Les chances de survie sont alors bonnes.

S’il s’agit d’une tumeur étendue aux ganglions lymphatiques inguinaux, le pronostic vital est plus sombre, et le taux de survie diminue (< 5 ans).