Hystérectomie et cancer du rein

Hystérectomie : risque accru de cancer du rein chez la femme

Même si le nombre de cas reste relativement faible, les femmes ayant subi une hystérectomie courent un risque accru de souffrir d’un cancer du rein, surtout si l’intervention a été réalisée avant la quarantaine.

« Le risque de cancer du rein apparaît donc significativement majoré après hystérectomie pour lésion bénigne, et d’autant plus si celle-ci a été réalisée chez une femme jeune. Réduire les indications de ce type d’intervention pourrait donc contribuer à une baisse significative de la fréquence des cancers du rein. » C’est ainsi que le Dr Jean-Fred Warlin commente, pour le « Journal international de médecine » (JIM), les résultats obtenus par une équipe de chercheurs suédois, qui détaillent leurs travaux dans la revue « Archives of Internal Medicine ».

Ces spécialistes se sont penchés sur les dossiers de près… d’un million de femmes, reprises dans les registres de santé nationaux suédois. Vingt pour cent d’entre elles avaient subi une hystérectomie pour lésion bénigne. Les cas de cancer du rein ont été recensés sur une période de trente ans (1973 – 2003). Il a alors été observé que les femmes hystérectomisées s’exposaient à un risque accru de 50% de développer une tumeur rénale (sachant que le nombre total de cas reste relativement faible), alors que le risque est doublé si elles ont été opérées avant l’âge de 44 ans.

L’étendue de l’hystérectomie (totale ou subtotale) n’influence pas le risque ; contrairement à la voie d’abord (l’hystérectomie vaginale ne semble pas induire d’augmentation notable du risque, ce qui est clairement le cas de la voie abdominale).

Ce constat statistique devrait entrer en ligne de compte dans le cadre d’une évaluation pertinente de la balance risques – bénéfices de cette intervention, concluent les chercheurs.