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En France, le nombre d’hommes ayant recours à la vasectomie est en augmentation. L’engouement pour cette méthode de contraception masculine considérée comme irréversible est largement supérieur notamment dans les pays anglo-saxons comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.

Contrairement aux préjugés, cette intervention simple n’entraîne pas de modifications sur la vie sexuelle des patients.

 

Qu’est-ce que la vasectomie ?

La vasectomie est une chirurgie de stérilisation masculine réalisée habituellement sous anesthésie. Elle consiste à interrompre la continuité du canal déférent, au niveau du scrotum, pour qu’il n’y ait plus de spermatozoïdes dans l’éjaculat de liquide spermatique.

Bien souvent, le chirurgien résèque une courte portion du canal déférent avant de réaliser l’obstruction ou la coagulation des extrémités. Des méthodes de reperméabilisation existent. Toutefois, il n’y a pas de garantie quant à leur efficacité, et la vasectomie est donc bien une méthode de stérilisation définitive.

Selon les chiffres de la sécurité sociale, le nombre d’hommes ayant bénéficié d’une vasectomie bilatérale a augmenté de 491 % entre 2010 et 2018 (9 240 hommes en 2018 contre 1 880 hommes en 2010).

Vidéo présentant l’opération de la vasectomie :

 

Vasectomie : à partir de quel âge ?

Il n’existe pas de conditions d’âge minimum pour pratiquer cette intervention. Tous les hommes adultes majeurs peuvent bénéficier de cette contraception permanente, quel que soit leur statut marital ou le nombre d’enfants.

Toutefois, cette intervention ne peut être pratiquée ni sur les hommes mineurs ni sur les hommes âgés de plus de 18 ans touchés par une altération de leurs facultés mentales. Il faut clairement que le candidat à la vasectomie fasse état d’un renoncement total et définitif à tout projet de conception et que ce renoncement soit confirmé au chirurgien par la personne avec laquelle il partage sa vie, si toutefois il y en a une.

Lire aussi notre article sur les situations dans lesquelles la consultation d’un urologue est recommandée

 

Pourquoi faire une vasectomie ?

Cette méthode contraceptive intéresse de plus en plus de couples. Une meilleure information et communication ont favorisé l’accès à cette solution. De nombreux hommes souhaitent en effet désormais participer à la contraception au sein du couple.

Par ailleurs, les méthodes de contraception féminines qui existent aujourd’hui sont de plus en plus remises en cause, notamment la contraception orale (pilule contraceptive) ou le stérilet qui peuvent provoquer de nombreux effets secondaires invalidants chez les femmes.

On retrouve aujourd’hui beaucoup plus d’informations sur les modalités de la vasectomie, ce qui diminue petit à petit l’impact des idées reçues que les hommes pouvaient avoir par rapport à cette opération. On sait en effet aujourd’hui que la vasectomie est la méthode contraceptive la plus simple, la plus efficace et la moins onéreuse.

 

Modalités de l’opération de vasectomie

La vasectomie est réalisée selon une technique permettant la section des canaux déférents. Cette vasectomie consiste à réaliser deux minimes incisions au niveau du scrotum, l’enveloppe qui contient les testicules. Les canaux déférents sont sectionnés et le chirurgien en résèque une petite partie.

Selon les souhaits du patient pris en compte durant une consultation préopératoire, il est possible d’avoir recours à une conservation de sperme. Le prélèvement est alors stocké dans une banque de sperme par cryopréservation. La vasectomie est une intervention simple. Elle comporte moins de complications que la ligature des trompes chez les femmes.

 

Les effets secondaires possibles de la vasectomie

Chez la plupart des patients, la vasectomie n’entraîne aucune complication durant l’opération ou effets secondaires postopératoires. Toutefois, aucun geste chirurgical n’est exempt de risques à 100 %.

Les complications principales, exceptionnelles, inhérentes à la vasectomie peuvent comprendre :

  • la formation d’un hématome ;
  • des saignements ;
  • une infection transitoire ;
  • des douleurs aiguës ou chroniques ;
  • une inflammation des testicules (épididymite congestive).

 

À partir de quand la vasectomie est-elle efficace ?

La stérilisation n’intervient pas immédiatement après la vasectomie. En effet, tant qu’il reste des spermatozoïdes dans les vésicules séminales, il y a un risque de grossesse. Il est donc indispensable  de maintenir une contraception pendant une période – en moyenne 12 semaines ou une vingtaine d’éjaculations – après la chirurgie.

La réalisation d’un spermogramme est ensuite nécessaire pour confirmer l’absence de spermatozoïdes. Cette azoospermie seule autorisera les relations sans précaution contraceptive.

La vasectomie ne modifie pas la quantité de liquide spermatique. Cela signifie que le volume de liquide émis pendant l’éjaculation reste le même. Le seul changement qui se produit est l’absence de spermatozoïdes dans ce liquide (cela représente un faible pourcentage par rapport au volume global).

La vasectomie est aujourd’hui la méthode de contraception la plus fiable. Son efficacité est estimée à 99 %. Le risque de grossesse non désirée après vasectomie  est donc extrêmement faible.

Les causes principales, mais rares, d’un échec d’une vasectomie sont liées à deux raisons essentielles :

  • l’absence de contraception pendant les rapports sexuels dans les semaines qui suivent la chirurgie ;
  • une reperméabilisation secondaire des canaux déférents qui va nécessiter la réalisation  d’une nouvelle intervention.

 

Vasectomie et sexualité

La vasectomie a pu avoir très mauvaise presse par le passé. On assimilait en effet cette intervention à une perte de virilité. Ce sont de fausses idées ! Cette méthode de stérilisation n’affecte en rien la production des hormones masculines. Il n’y a donc aucun impact sur la libido, l’érection ou l’éjaculation.

La vasectomie n’affecte pas la vie sexuelle des candidats à cette stérilisation.

Lire aussi notre article sur la sexualité après une ablation de la prostate

 

La vasectomie est-elle réversible ?

La vasectomie doit être vue comme une méthode de contraception définitive. Des techniques de reperméabilisation existent, mais il est impossible de prédire leur efficacité. On sait en effet que le taux de grossesses après vaso-vasostomie est très faible.

Les patients doivent donc être bien conscients et informés du caractère irréversible de la vasectomie avant d’envisager la chirurgie.

Il n’existe pas encore de technique de stérilisation provisoire et réversible agissant sur les canaux déférents. Il est cependant possible de conserver du sperme avant de procéder à la vasectomie.

 

La vasectomie: quel cadre légal ?

Concernant la vasectomie, stérilisation contraceptive chez les majeurs capables , la loi a évolué dans le temps.

Avant 1994, il n’y avait pas de loi spécifique régissant la pratique de la stérilisation, mais l’interprétation des textes généraux du droit pénal français amenait à conclure qu’une intervention aux conséquences stérilisantes n’était admise que dans le cadre d’une nécessité thérapeutique.

La stérilisation n’était donc pas licite et sanctionnée par la loi comme un délit de « violences entrainant une mutilation ou une infirmité permanente » (article 222-9 du Nouveau Code Pénal) dans la mesure où elle constitue une atteinte corporelle anatomique entrainant la perte définitive de la capacité de se reproduire.

La vasectomie ne peut être considérée comme une méthode contraceptive en raison du caractère inconstant du succès de la vaso-vasostomie et du caractère palliatif des possibilités d’assistance médicale à la procréation.