Sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, fuites urinaires, envies pressantes… Ces troubles sont fréquents après la ménopause, mais restent trop souvent banalisés. Regroupés sous le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), ils peuvent pourtant être pris en charge efficacement, sans hormones ni chirurgie. Le traitement par laser vulvo-vaginal, réalisé en consultation, offre une alternative innovante, rapide et indolore pour traiter le syndrome génito-urinaire de la ménopause.
À qui s’adresse le traitement par laser vulvo-vaginal ?
Le laser vulvo-vaginal s’adresse aux femmes ménopausées ou en périménopause qui souffrent de troubles liés à la baisse des œstrogènes :
- Sécheresse vaginale persistante
- Irritations ou démangeaisons chroniques
- Rapports sexuels douloureux (dyspareunie)
- Incontinence urinaire légère à modérée
- vessie hyperactive (envies pressantes, mictions fréquentes)
- Sensations de brûlure ou d’inconfort au niveau intime
Il peut également être proposé après un accouchement traumatique, une chirurgie pelvienne, ou chez les femmes ayant reçu une chimiothérapie ou une radiothérapie pelvienne. Enfin, il constitue une option intéressante pour les patientes qui ont un antécédent de cancer hormono-dépendant (comme un cancer du sein), pour qui les traitements œstrogéniques sont contre-indiqués.

Comment fonctionne le laser vulvo-vaginal ?
Au cours de la ménopause, l’épithélium vaginal s’amincit, devenant moins élastique et moins hydraté, ce qui le rend plus vulnérable. Cette atrophie est responsable de nombreux symptômes locaux, qui peuvent devenir très invalidants au quotidien. Le laser vulvo-vaginal utilise une énergie lumineuse douce (CO₂ fractionné ou Erbium-YAG) qui pénètre dans les couches superficielles et intermédiaires de la paroi vaginale.
Cette stimulation thermique va :
- Activer la production de collagène naturel
- Améliorer la circulation sanguine locale
- Favoriser l’épaississement de la muqueuse
- Restaurer l’élasticité et la lubrification des tissus
Contrairement aux traitements hormonaux substitutifs, le laser agit localement et sans effet systémique. Il relance les mécanismes naturels de réparation des tissus, sans introduire d’hormone.
Le traitement est effectué au cabinet, sans anesthésie. La séance dure entre 5 et 15 minutes. Le chirurgien insère un instrument stérile dans le vagin, qui délivre des impulsions de lumière réparties sur toute la paroi vaginale.
La plupart des patientes ne ressentent pas de douleur. Certaines décrivent une légère sensation de chaleur ou un inconfort modéré qui disparaît rapidement. Il n’y a pas de saignement, pas de brûlure, ni de cicatrice. Aucun arrêt de travail n’est nécessaire. On peut reprendre ses activités immédiatement après. Il est simplement recommandé d’éviter les rapports sexuels pendant 3 à 5 jours.
Le protocole habituel comprend 2 à 3 séances initiales, espacées de 4 à 6 semaines, puis 1 séance d’entretien par an, si les symptômes réapparaissent. Chaque patiente est différente. Le nombre de séances peut être adapté en fonction de l’intensité des troubles et de la réponse individuelle au traitement.

Quels résultats attendre du laser vulvo-vaginal ?
Les effets du laser vulvo-vaginal sont progressifs, mais rapidement perceptibles. Dès la deuxième séance, de nombreuses patientes constatent une nette amélioration de leur confort intime. La muqueuse vaginale redevient plus souple, plus hydratée, ce qui permet de réduire significativement la sécheresse, les brûlures et les tiraillements.
Les douleurs pendant les rapports (dyspareunie) diminuent grâce à l’épaississement de l’épithélium et à la réduction des micro-lésions. Les femmes peuvent retrouver une sexualité plus sereine après 2 à 3 séances.
Le laser améliore également l’équilibre local (pH, flore), ce qui permet de réduire la fréquence des infections urinaires récidivantes, en particulier chez les patientes qui ne tolérent pas les traitements antibiotiques prolongés.
En renforçant les tissus autour de l’urètre, il permet de limiter les fuites urinaires d’effort légères à modérées. Certaines patientes décrivent un meilleur contrôle de la vessie et une amélioration de la qualité de vie.
Enfin, chez les femmes souffrant de vessie hyperactive, le traitement contribue à diminuer les envies pressantes, la pollakiurie et les levers nocturnes.
Le laser vulvo-vaginal est sûr et habituellement bien toléré. Il n’y a pas d’hormones, pas de chirurgie, et très peu d’effets secondaires. Dans certains cas, une légère irritation locale ou une sensation de chaleur résiduelle peut être ressentie, mais elle disparaît rapidement.
Il n’est cependant pas indiqué en cas de :
- Infection vaginale ou urinaire en cours
- Grossesse
- Lésion du col de l’utérus non traitée (type dysplasie)
- Traitement oncologique actif en cours (à discuter au cas par cas)
Quels sont les avantages du laser par rapport aux traitements classiques ?
Le laser vulvo-vaginal présente plusieurs avantages :
- Il ne contient aucune hormone
- Il est non invasif, rapide et sans douleur
- Il traite plusieurs symptômes en même temps (sécheresse, incontinence, brûlures…)
- Il peut être proposé aux patientes ayant un cancer hormono-dépendant
- Il améliore la qualité de vie intime, sans effets secondaires généraux
Néanmoins, le laser n’est pas une solution miracle. Il ne remplace pas une intervention chirurgicale dans les cas avancés de prolapsus ou d’incontinence sévère. Son efficacité repose sur une bonne indication, un protocole rigoureux, et un suivi médical sérieux. Le choix dépend du profil de chaque patiente, mais le laser s’impose de plus en plus comme une référence pour celles qui cherchent une solution définitive sans médicament.

Le Dr André Philippe Davody est Chirurgien Urologue, inscrit depuis 1984 au tableau de l’Ordre des Médecins de la ville de Paris, spécialiste en chirurgie générale, en chirurgie urologique ainsi qu’en chirurgie robotique (Da Vinci). Il est également depuis 1999 expert près la Cour Administrative d’Appel de Paris.










