HoLEP : énucléation au laser HOLMIUM de l’adénome de prostate – Le principe du traitement

L’énucléation de l’adénome de la prostate au laser holmium (HoLEP), est pratiquée depuis une vingtaine d’années. Elle est maintenant réalisée selon des techniques bien standardisées par les différents chirurgiens qui l’ont adoptée. L’énucléation de l’adénome de la prostate au laser HOLMIUM a été développée progressivement à partir des techniques de vaporisation et de vapo-résection endoscopique qui utilisaient des lasers de forte puissance (plus de 60 Watt) et cela pour accroitre l’efficacité de ces interventions chirurgicales au laser.

 

Bases théoriques

Le laser Holmium a une longueur d’onde de 2,1 microns. Ce rayon laser est fortement absorbé par  l’eau  et  il  pénètre  très superficiellement  dans  les  tissus,  approximativement  sur  une distance de 0,4 mm.

 

Penetration depth Laser

 

Le fonctionnement en mode pulsé de ce laser réduit les effets de diffusion thermique et de combustion qui sont plus importants avec les lasers fonctionnant en mode d’émission continu comme les lasers Thullium (NdYAG) ou utilisant un crystal KTP. La pénétration superficielle du rayon laser Holmium minimise la zone de coagulation et les dommages collatéraux aux tissus avoisinants. Ce laser permet une coupe nette et précise des tissus et vaporise peu.

L’effet de coupe est WYSIWYG (What You See Is What You Get). Le contrôle de cette profondeur de pénétration du rayon laser et son absorption par l’eau réduisent l’énergie qui peut atteindre les tissus non ciblés par le chirurgien et contribuent de ce fait à la sécurité du geste chirurgical. L’hémostase est obtenue en modifiant les paramètres du laser et en défocalisant le rayon laser.

Le développement de l’adénome dans le cadre de l’hypertrophie bénigne de la prostate crée un plan de clivage naturel entre les tissus sains et pathologiques, qui peut être exploité chirurgicalement, que ce soit au cours de l’opération classique ouverte d’adénomectomie trans-vésicale ou avec ces techniques endoscopiques récentes comme la HoLEP. La pratique croissante de cette énucléation de l’adénome prostatique au laser holmium a permis de confirmer l’utilisation de ce plan de clivage, qui est développé de façon rétrograde par le chirurgien, à partir du veru montanum vers le col vésical.

Holep laser operation vs traditional transurethral

Le développement technologique de morcellateurs efficaces introduits par voie transurétrale a permis d’envisager que les lobes prostatiques, voire l’adénome entier de la prostate, soient libérés en monobloc dans la vessie.  C’est là qu’ils  sont morcelés de façon à réduire l’important volume de chaque lobe en de fins copeaux qui peuvent être facilement extraits par aspiration à travers le canal de l’urètre. Les preuves de l’efficacité de la HoLEP sont maintenant bien documentées, notamment à partir de plusieurs essais randomisés. La  HoLEP se compare également favorablement à travers ces études, avec la résection transurétrale de la prostate classique au courant électrique, ainsi qu’avec l’opération ouverte d’adénomectomie.

Indication et sélection des patients :

Le patient idéal pour être opéré selon cette technique HoLEP présente une gêne mictionnelle invalidante. Les symptômes sont en relation avec l’obstruction de la filière urétro-cervico-prostatique consécutive au développement de l’adénome de la prostate.

Tous les adénomes de prostate, quel qu’en soit la taille, sont accessibles à cette énucléation au laser holmium. Le plus gros adénome qui ait été traité par le promoteur de la technique, le néozélandais Peter GILLING, pesait plus d’1 kg.

L’aspect anatomique du développement de cet adénome de la prostate n’interfère également pas sur la qualité du résultat de l’intervention. D’ailleurs, un volumineux lobe médian prostatique pathologique est particulièrement favorable pour la réalisation de cette technique. Cependant l’énucléation au laser de l’adénome de la prostate est une intervention difficile qui nécessite un long apprentissage de la part du chirurgien. Plus l’adénome est volumineux, et plus l’intervention est difficile et nécessite un chirurgien particulièrement entraîné à cette
technique.

L’Aspirine, les anticoagulants ou les anti-agrégants plaquettaires sont en général interrompus ou relayés quelques jours avant l’opération, mais il est possible de réaliser cette intervention chirurgicale sur ces patients fragiles quand bien même l’interruption de ces traitements n’est pas possible.

Les indications chirurgicales de la HoLEP sont les mêmes que celles de la résection transurétrale classique au courant électrique : poussée de prostatite récidivante, saignements (hématuries) d’origine prostatique, complication d’une obstruction prostatique sévère (formation de calculs de vessie ou retentissement sur le haut appareil urinaire avec distension des cavités rénales).

Cette intervention est réalisée sous un flux d’irrigation liquidienne continue. Il y a donc une résorption importante de liquide, mais comme ce liquide d’irrigation est du sérum salé isotonique, il n’y a pas de risque d’hyponatrémie ou de TURP-syndrome avec cette technique. Ce facteur, associé à la qualité de l’hémostase obtenue par l’utilisation du laser, permet virtuellement de proposer cette intervention à n’importe quel patient dont l’état permet d’envisager une anesthésie.

Référence :

Holmium Laser Enucleation of the Prostate (HoLEP) – P Gilling. BJU Int 101 (1), 131-142. 1. 2008