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Le traitement par laser CO2 fractionné offre une approche innovante et non invasive pour traiter les symptômes du syndrome génito-urinaire de la femme. Il constitue une alternative efficace aux traitements hormonaux pour de nombreuses femmes. Voici les avantages de cette technologie, son mode d’action, les résultats à attendre, et les différences avec le laser au laser Er:YAG, une autre option thérapeutique possible du SGUM.

Syndrome génito-urinaire de la ménopause : symptômes

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) regroupe un ensemble de symptômes touchant les organes génitaux et urinaires de la femme. Ce trouble est principalement dû à la baisse des hormones œstrogéniques qui survient lors de la ménopause, entraînant des modifications importantes de la muqueuse vaginale et de la vulve. L’atrophie vulvo-vaginale en est l’une des conséquences les plus fréquentes. Elle se manifeste par une sécheresse vaginale, des brûlures, des démangeaisons, des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) et des sensations d’irritation. Ces symptômes, souvent mal tolérés, peuvent être associés à des infections urinaires récurrentes et des envies fréquentes d’uriner (pollakiurie). Ce tableau clinique complexe altère considérablement la qualité de vie et peut conduire à des répercussions psychologiques importantes.

Le SGUM, autrefois appelé atrophie vaginale ou atrophie vulvo-vaginale, peut être traité par divers moyens, dont les traitements hormonaux systémiques ou locaux. Cependant, ces traitements ne conviennent pas à toutes les patientes, notamment celles présentant des contre-indications aux œstrogènes.

C’est dans ce contexte que le laser CO2 fractionné peut se présenter comme une alternative intéressante.

Lire aussi notre article sur : L’intérêt de la rééducation périnéale : SGUM

Le laser CO2 pour traiter le SGUM : principes et intérêts

Le laser CO2 fractionné est une technique de médecine régénérative utilisée pour traiter les symptômes du SGUM. Son principe repose sur la délivrance de micro-impulsions de lumière laser au niveau de la muqueuse vaginale. Ce geste opère de micro-abrasions contrôlées qui pénètrent dans les couches superficielles du tissu, sans causer de dommages aux zones environnantes. Cette stimulation thermique favorise la production de collagène et d’élastine, des composants essentiels pour la régénération de la muqueuse vaginale.

L’utilisation du laser CO2 fractionné présente de nombreux intérêts. D’une part, il permet de restaurer la trophicité et l’élasticité de la muqueuse vaginale, améliorant ainsi l’hydratation locale et réduisant les symptômes de sécheresse et de dyspareunie. D’autre part, il peut être efficace chez des femmes ne pouvant recevoir un traitement hormonal. Le laser CO2 offre une option non hormonale sûre, qui s’adresse à un large éventail de patientes, qu’elles soient en période post-ménopause ou qu’elles aient subi des traitements oncologiques qui affectent leur équilibre hormonal.

Déroulement du traitement au laser CO2 pour le Syndrome génito urinaire de la ménopause

Syndrome Génito Urinaire de la femme bénéfices rééducation périnée

Le traitement au laser CO2 pour le SGUM se déroule généralement en plusieurs séances espacées de quelques semaines. Lors de chaque rendez-vous, un spéculum est introduit dans le vagin afin d’obtenir une bonne visualisation de la zone à traiter. Le laser est ensuite appliqué de manière ciblée sur la paroi vaginale.

Le geste est rapide et dure généralement entre 10 et 20 minutes. Bien que certaines patientes puissent ressentir une légère sensation de chaleur ou de picotement pendant le traitement, celui-ci reste globalement indolore et ne nécessite pas d’anesthésie.

Le nombre de séances peut varier en fonction de la sévérité des symptômes et de la réponse au traitement. En règle générale, 3 à 4 séances sont recommandées pour obtenir des résultats satisfaisants.

Ce protocole permet de stimuler progressivement la régénération des tissus vaginaux et offre donc un soulagement progressif des symptômes.

L’absence de convalescence permet par ailleurs aux patientes de reprendre rapidement leurs activités quotidiennes après chaque séance.

Résultats des séances de laser CO2 sur les symptômes du SGUM

L’effet du traitement au laser CO2 peut se manifester dès la première séance et continuent de s’améliorer après chaque séance.

Les patientes rapportent souvent une meilleure hydratation vaginale, une réduction des douleurs et une nette amélioration de la fonction sexuelle. Les symptômes tels que la sécheresse vaginale, les douleurs pendant les rapports sexuels et les infections urinaires récurrentes peuvent être considérablement réduits. Les femmes retrouvent confort et bien-être dans leur vie quotidienne et leur vie intime. Le laser peut aussi améliorer l’incontinence urinaire légère ou modérée.

Quelle est la différence entre le laser CO2 et le laser Er:YAG ?

Le laser CO2 fractionné n’est pas le seul dispositif utilisé pour traiter le SGUM sans hormones. Le laser Er:YAG est une autre option qui peut être envisagée. Si les deux technologies ont pour objectif de stimuler la régénération des tissus vaginaux, leurs mécanismes d’action sont différents.

Le laser Er:YAG émet une longueur d’onde spécifique pour une ablation plus superficielle et moins profonde que le laser CO2. Cette particularité rend le laser Er:YAG plutôt adapté aux patientes qui présentent des symptômes moins sévères ou à celles qui recherchent une approche plus douce.

En revanche, le laser CO2 pénétré plus profondément dans la muqueuse. Il permet donc une action plus intense sur la structure du tissu vaginal. Cette action en profondeur peut offrir des résultats plus durables et plus significatifs sur les symptômes plus marqués du SGUM.

Le choix entre ces deux technologies de laser vaginal dépend de plusieurs facteurs, comme la nature et la sévérité des symptômes, ainsi que les attentes de la patiente.