test sanguin PSA

Un groupe de travail révise ses recommandations sur les tests de dépistage du PSA

Un groupe de travail révise ses recommandations sur les tests de dépistage du PSA
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En 2012, après avoir conclu que les inconvénients du dépistage du cancer de la prostate par le dosage PSA l’emportaient sur ses avantages, les experts du Service de Prévention [anti cancer] Américain (USPSTF) ont émis un avis défavorable à la généralisation de la prescription du PSA chez tous les hommes, sans distinction d’âge, de race ou d’antécédents familiaux.

En 2017, ce même groupe d’experts indépendants a réévalué sa position : au lieu de décourager complètement le dépistage par dosage du PSA, l’USPSTF recommande aux médecins de discuter des avantages et des inconvénients potentiels, en particulier avec les hommes âgés de 55 à 69 ans.

L’USPSTF continue à déconseiller le dépistage par PSA chez les hommes de 70 ans ou plus, parce qu’il est peu probable qu’ils tirent un bénéfice du traitement en termes de survie.

L’USPSTF n’a émis aucune recommandation pour les hommes de moins de 55 ans, estimant que le groupe de travail de disposait pas de suffisamment d’information pour conclure pour ce groupe d’âge.

Pourquoi l’USPSTF a-t-elle changé de position ?

Principalement parce que les hommes présentant un cancer de faible intensité ou à croissance lente, optent de plus en plus pour la surveillance active abandonnant l’option d’un traitement immédiat. Les hommes sous surveillance active subissent des tests de PSA, des biopsies de prostate, et des examens IRM pour surveiller la croissance de leur cancer.

Par conséquent, la surveillance active permet aux hommes de retarder le traitement (et donc d’éviter ses effets néfastes potentiels) tant que celui-ci n’est pas nécessaire quitte à le reporter indéfiniment. Les causes de décès des hommes plus âgés étant souvent liés à d’autres causes avant que leur cancer ne mette en danger leur pronostic vital.

Etant donné que le nombre d’hommes sous surveillance active ne cesse de croître, les membres de l’USPSTF ont décidé que les compromis entre les préjudices et les avantages du dépistage du PSA dans la population générale sont trop proches pour être remis en question. Cependant, l’USPSTF insiste sur le fait que les décisions en matière de dépistage devraient être prises dans le cadre d’une consultation médicale.

Bibliographie :

U.S. Preventive Services Task Force 2017. Prostate Cancer Screening Draft Recommendations.

Docteur André-Philippe DAVODY, chirurgien urologue.

Le Dr André Philippe Davody est Chirurgien Urologue, inscrit depuis 1984 au tableau de l’Ordre des Médecins de la ville de Paris, spécialiste en chirurgie générale, en chirurgie urologique ainsi qu’en chirurgie robotique (Da Vinci). Il est également depuis 1999 expert près la Cour Administrative d’Appel de Paris. Depuis 2018, il est agréé par la Cour de Cassation et inscrit sur la liste Nationale des experts.