Une étude réalisée par des chercheurs américains évoque la possibilité d’une corrélation entre la présence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) et un risque accru de cancer de la prostate.

Cette étude conduite sur une vingtaine d’années suggère effectivement un risque de cancer prostatique multiplié par 5 en cas de MICI.

 

Cancer de la prostate et MICI : une étude épidémiologique à large échelle

Les travaux ont consisté à comparer chez plus de 10 000 hommes, entre 1996 et 2014, l’incidence du cancer prostatique chez des patients porteurs d’une MICI face à des patients « sains ». Les patients ont été divisés en deux groupes : 1 033 hommes étaient atteints de MICI, et 9 306 étaient des hommes dit sains tirés au sort.

Pour tous ces participants, plusieurs tranches d’âge et origines ethniques étaient représentées. L’âge médian des deux groupes était toutefois identique et estimé à 53 ans. Tous ont bénéficié d’un dosage du taux de PSA, le marqueur tumoral utilisé dans le dépistage du cancer de la prostate. D’autres informations telles que les résultats du toucher rectal ou encore les traitements de la MICI (et notamment les traitements immunomodulateurs) ont été prises en considération. Le critère déterminant était l’apparition d’un cancer de la prostate ou d’un cancer de la prostate de stade avancé, c’est à dire ayant un score de Gleason supérieur ou égal à 7.

 

Cancer de la prostate : un risque accru en présence de MICI

En analysant les données de tous ces participants, les chercheurs américains ont découvert un risque accru de développer un cancer de la prostate de l’ordre de 4 à 5 fois à 10 ans chez les patients porteurs d’une MICI (MICI+ vs les hommes sains : MICI- ). Par ailleurs, le risque semble encore plus élevé chez les patients âgés de plus de 60 ans et semble augmenter avec l’âge.

L’incidence des cancers de prostate à 5 ans était avérée chez 30 patients MICI+ (soit 2,9 %) contre 29 patients du groupe MICI- (soit 0,31 %). De la même façon, le pourcentage de cancer de prostate de stade avancé à 5 ans était de 1,6 % chez les MICI+ contre 0,17 % chez les MICI-. Des métastases ont par ailleurs été retrouvées chez 3 hommes du groupe MICI+ et 6 hommes du groupe MICI-.

Cependant, certains critères comme l’ancienneté de la MICI, le traitement immunomodulateur administré ou encore la réalisation antérieure d’une résection intestinale ne semblent pas avoir une incidence sur les résultats. Le taux de PSA à 5 ans restait effectivement inchangé dans les deux groupes. De même, il ne semble pas exister de différence significative selon le type de maladies inflammatoires (maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique). Les scientifiques notaient en revanche des résultats anormaux du toucher rectal chez 5,6 % des patients porteurs d’une MICI (contre 3,8 % chez les patients sains).

 

Dépistage du cancer de la prostate et MICI

L’auteur principal explique que les résultats de cette étude indiquent donc un risque plus important d’apparition de cancer de la prostate chez les patients souffrant d’une MICI que chez les patients dits sains. Il souligne également l’importance d’un dépistage plus attentif pour cette tranche de la population.

Le dépistage actuel du cancer prostatique est plus souvent pratiqué chez les hommes après 50 ans, ou en présence d’antécédents familiaux. Aujourd’hui, le dépistage repose essentiellement sur le dosage du taux de PSA ou APS (Antigène Prostatique Spécifique), une molécule sécrétée par la prostate, et la réalisation d’un toucher rectal. Le taux de PSA, en cas d’augmentation, peut révéler la présence d’un cancer, mais ceci n’est pas systématique.

Grâce à ces recherches, le dépistage du cancer de prostate pourrait aussi prendre en compte les autres antécédents médicaux du patient tels que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Les équipes de soins pourraient ainsi être plus attentives en présence d’une augmentation du taux de PSA chez un patient porteur de MICI.

 

À savoir :

Les MICI regroupent essentiellement deux pathologies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin résultent d’une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif. Elles sont généralement diagnostiquées à un âge assez jeune (entre 20 et 30 ans en moyenne), mais peuvent aussi être découvertes chez les sujets plus âgés. La prise en charge de ces pathologies consiste essentiellement à délivrer un traitement symptomatique, voire dans les cas les plus extrêmes, à réaliser une chirurgie (éventuellement robot assistée).

 

 

Références :

  1. Burns JA et coll. : Inflammatory bowel disease and the risk of prostate cancer. Eur Urol., 2019; 75: 846–852:https://www.europeanurology.com/article/S0302-2838 (18) 30938-2/fulltext
  2. Medisite —Une maladie inflammatoire de l’intestin multiplierait par 5 le risque de cancer de la prostate : https://www.medisite.fr/maladies-intestinales-crohn-une-maladie-inflammatoire-de-lintestin-multiplierait-par-5-le-risque-de-cancer-de-la-prostate.5494501.524113.html

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