Un essai américain débuté en 2018 montre l’efficacité d’une combinaison de deux médicaments d’immunothérapie dans le traitement du cancer du rein. Cette combinaison permettrait d’augmenter le taux de survie des patients atteints de cancer du rein avancé.

En France, on estime à 15 300 le nombre de nouveaux cas de cancers du rein en 2018. Les hommes sont les plus touchés puisqu’ils représentent 67 % de ces nouveaux cas. Le taux de mortalité diminue, mais lentement. De nouvelles approches thérapeutiques sont donc indispensables à la prise en charge de cette maladie.

 

Cancer du rein : un diagnostic difficile

90 à 95 % des tumeurs malignes primitives du rein sont des carcinomes à cellules rénales (adénocarcinome). En règle générale, ce type de tumeurs n’engendre pas de symptômes lorsqu’elles sont à un stade précoce. Le diagnostic de ce cancer est alors problématique puisqu’il peut passer inaperçu jusqu’à son évolution et son expansion dans l’organisme.

C’est donc bien souvent à un stade avancé que les patients commencent à ressentir des signes cliniques tels qu’une fatigue, des hématuries, des douleurs abdominales, un gonflement sur le flanc, une perte de poids, de la fièvre, ou encore une hypertension. Or, lorsque le carcinome à cellules rénales est diagnostiqué à ce stade, il est quasiment impossible d’avoir recours à la chirurgie pour le traiter, car les tumeurs sont alors trop répandues et trop volumineuses.

Les avancées dans la prise en charge thérapeutique de ces tumeurs rénales malignes primitives sont donc particulièrement intéressantes pour soigner la maladie, en particulier chez les patients qui ne répondent pas au traitement habituel ou qui ne peuvent en bénéficier.

 

Le traitement d’immunothérapie dans les tumeurs rénales

L’immunothérapie est un traitement qui utilise le système immunitaire de l’organisme des patients afin de combattre le cancer. Notre système immunitaire contient des cellules capables de reconnaître et d’attaquer les menaces étrangères comme les bactéries, les virus ou encore les cellules tumorales. Cependant, les cellules cancéreuses réussissent à passer outre la barrière du système immunitaire.

Le but de l’immunothérapie est donc d’optimiser le système immunitaire en le surchargeant, pour qu’il soit en mesure de cibler et détruire plus facilement les cellules tumorales.

 

Nouvelle association médicamenteuse : Nivolumab + Ipilimumab

Les chercheurs du centre américain Roswell Park, centre de lutte contre le cancer, ont ainsi pu avoir accès à plusieurs médicaments dans le cadre d’essais cliniques. C’est dans ces conditions qu’en 2015, la FDA (Food and Drug Administration : Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a pu approuvé sur la base des données d’une étude le Nivolumab, nouveau médicament d’immunothérapie destiné aux patients porteurs d’un cancer du rein avancé ne répondant pas aux traitements habituels de référence.

Un nouvel essai clinique, baptisé CheckMate 214, met en évidence l’hypothèse que la combinaison du Nivolumab et de l’Ipilimumab (également un médicament d’immunothérapie) serait encore plus efficace pour combattre ce type de tumeurs du rein.

 

Des résultats prometteurs pour le traitement du cancer du rein avancé

Cet essai clinique a porté sur 1 100 hommes atteints d’un carcinome des cellules rénales avancé ou avec des métastases à travers 182 endroits dans le monde, dont le centre Roswell Park. La moitié de ces patients a bénéficié d’une immunothérapie combinant ces deux médicaments. L’autre moitié a reçu un traitement classique de Sunitinib (médicament souvent utilisé dans le cancer du rein de stade avancé).

Dans le premier groupe ayant reçu l’association Nivolumab + Ipilimumab, les scientifiques ont pu constater que le risque de décès était diminué de 32 %, et de 37 % chez un groupe de patients dont le pronostic initial était particulièrement défavorable.

 

En résumé : les hommes atteints de carcinome des cellules rénales de stade avancé traités par immunothérapie ont des chances de survie plus élevées que ceux traités avec le traitement standard.

 

Les particularités du Nivolumab et de l’Ipilimumab

Ces deux traitements font partie d’une famille de médicaments appelée inhibiteurs des points de contrôle immunitaires.

Ces points de contrôle sont des molécules présentes sur les cellules immunitaires qui peuvent être activées ou désactivées afin de déclencher ou de stopper une réponse immunitaire. Ce mécanisme est important pour empêcher l’organisme d’attaquer les cellules saines.

Cependant, les cellules cancéreuses ont réussi à trouver le moyen de perturber ces points de contrôle.

Les deux médicaments ciblent les lymphocytes T, un type de globules blancs, dont le rôle est d’intervenir en premier dans la reconnaissance et la lutte contre les menaces externes. Le Nivolumab bloque une protéine spécifique sur les lymphocytes T appelée PD-1. L’Ipilimumab bloque quant à lui une molécule nommée CTLA-4. Ces points de contrôle ainsi inhibés permettent à chaque médicament de favoriser une réponse immunitaire naturelle pour lutter contre le cancer.

La combinaison de ces deux médicaments d’immunothérapie a été reconnue au moment de l’essai comme thérapie de pointe. Depuis le premier essai clinique mené 2018, l’étude ne cesse de confirmer les premiers résultats alors publiés. La combinaison d’immunothérapie utilisée dans l’essai Checkmate 214 est toujours aussi efficace pour traiter les patients atteints d’un cancer du rein avancé. Le taux de survie des patients initialement inscrits est de 60 %.

 

Par ailleurs, la FDA a également approuvé en 2019 deux nouvelles combinaisons de médicaments qui sont utilisés pour le cancer du rein droit : l’Axitinib + le Pembrolizumab, et Axitinib + l’Avelumab.

 

Source :

New Immunotherapy Combination for Kidney Cancer

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