L’hormonothérapie après prostatectomie pourrait augmenter le risque de mortalité chez certains patients
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Les résultats d’une étude annoncés lors de la 61e édition de l’ASTRO (Réunion annuelle de la Société américaine de radio-oncologie) à Chicago révèlent que l’hormonothérapie à long terme post-prostatectomie n’aurait pas que des effets bénéfiques chez certains patients atteints de cancer de prostate. Les auteurs affirment en effet que le traitement hormonal pourrait accroître le risque de mortalité chez les patients avec un faible taux de PSA.

 

Traitement habituel du cancer de prostate récidivant

Dans le cadre de la prise en charge du cancer de prostate récidivant, les recommandations actuelles orientent vers un traitement de référence comprenant hormonothérapie et radiothérapie, après une chirurgie de prostatectomie. Ces directives sont appliquées quel que soit le taux de PSA des patients.

Or, les résultats obtenus au cours de cette étude semblent indiquer que le taux de PSA aurait une importance capitale dans la décision de prescrire ou non un traitement hormonal à long terme. Ces taux permettraient de prédire les bénéfices et risques d’un tel traitement combiné à la radiothérapie. Chez les patients qui ont un taux de PSA faible, cette combinaison hormonothérapie-radiothérapie augmenterait même les risques de décès.

 

Hormonothérapie post-prostatectomie : pas de bénéfices en présence d’un taux de PSA faible

Un essai clinique de phase III (le NRG Oncology/RTOG 9601) conduit en 2017 préconisait, en association avec une radiothérapie postopératoire, la délivrance d’une hormonothérapie par anti-androgènes pendant deux ans pour les cancers de prostate récidivants, dans le but d’améliorer le pronostic à long terme.

Les données de cet essai ont fait l’objet d’une seconde analyse. Les dossiers de 760 patients traités entre 1998 et 2003 à travers les États-Unis, et ayant présenté une récidive de leur cancer après une ablation de la prostate, ont ainsi été re étudiés.

Dans l’essai de 2017, une hormonothérapie par bicalutamide 150 mg/jour (anti-androgène non stéroïdien) avait été donnée durant deux ans à des hommes après une répartition randomisée. D’autres patients avaient reçu un placebo, afin de mesurer le taux de survie globale de chaque groupe.

 

Hormonothérapie post-prostatectomie et faible taux de PSA : une association à risque

Cette fois, les résultats ont été relus en prenant en compte le taux de PSA avant radiothérapie, séparant ainsi les patients en deux groupes : ceux avec un faible taux de PSA (> à 1,5 ng/mL, n = 118) à ceux présentant un taux de PSA élevé (PSA < 1,5 ng/mL, n = 642). Cette nouvelle analyse démontre d’une part, une nette amélioration de l’ordre de 55 % du taux de survie globale chez les patients aux taux de PSA élevé. Mais elle révèle d’autre part que l’hormonothérapie long terme ne présente aucun bénéfice sur le taux de survie globale des patients ayant un taux de PSA faible. Ce traitement pourrait même fortement augmenter le risque de mortalité.

Outre l’augmentation du risque de décès directement lié au cancer de prostate, les chercheurs font également une découverte étonnante chez une partie des hommes présentant un faible taux de PSA (389 patients à taux de PSA <0,6 ng/mL). Il semblerait en effet que ces patients présentent également un risque de décès lié à des causes diverses, indépendamment du cancer prostatique, plus élevé. Ils estiment que ce risque est multiplié par deux avec l’association de traitement hormonothérapie-radiothérapie. Le risque est quant à lui multiplié par 3 ou 4 concernant l’apparition de problèmes cardiaques sévères et de troubles neurologiques.

 

Traitement du cancer de prostate récidivant : vers une modification des recommandations ?

L’auteur principal de cette étude, le Dr Daniel Spratt, professeur de radio-oncologie à l’Université du Michigan, précise que les résultats obtenus devraient permettre de prendre en compte les taux de PSA en tant que biomarqueur prédictif. Ainsi, le taux de PSA d’un patient pourrait aider à identifier chez quels patients il serait recommandé d’octroyer un traitement hormonal long terme, et chez quels patients ce traitement n’aurait aucun avantage.

Il rappelle que l’hormonothérapie augmente les chances de survie face à un cancer de prostate en présence d’un taux élevé de PSA. Mais il explique également que seule une radiothérapie devrait être envisagée comme traitement de référence post-chirurgie, dans le cas des patients présentant un taux de PSA faible.

Les résultats de cette étude pourraient donc permettre de redéfinir le cadre du traitement de référence des cancers de prostate récidivants, en prenant en compte le taux de PSA avant radiothérapie pour juger de la pertinence d’une hormonothérapie.

 

Sources :

  1. ASTRO, September 15 2019, Long-term hormone therapy increases mortality risk for men with low PSA levels after prostate surgery: https://www.astro.org/News-and-Publications/News-and-Media-Center/News-Releases/2019/Long-term-hormone-therapy-increases-mortality-risk
  2. SANTÉ BLOG, 22 octobre 2019, L’hormonothérapie postopératoire devrait dépendre des niveaux de PSA : https://blog.santelog.com/2019/10/22/prostatectomie-lhormonotherapie-post-op-devrait-dependre-des-niveaux-de-psa/

 

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