Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus répandu en France. Si son incidence tend à augmenter avec l’âge pour toucher les hommes plus âgés, le cancer de la prostate est de très bon pronostic. Certains facteurs de risque seraient toutefois évitables. C’est le cas de l’obésité, notamment dans la région abdominale.
Cancer de la prostate : quelques chiffres
Le cancer de la prostate est le 1er cancer masculin en France, avant le cancer du poumon ou encore du côlon et du rectum.
Chaque année en France métropolitaine, 50 400 nouveaux cas sont diagnostiqués (en 2018).
25 % des cancers qui touchent les hommes sont des tumeurs prostatiques.
L’âge moyen de l’apparition d’un cancer de la prostate est de 65 ans au moment du diagnostic (dans 66 % des cas).
C’est un cancer de bon pronostic, voire très bon, puisque le taux de survie à 5 ans dépasse les 90%, et les 80% à 10 ans.
Le nombre de décès s’élevait à 8 100 décès en 2018, en diminution depuis 2010.
Obésité et risque de cancer
Le lien entre obésité générale et augmentation du risque de cancer (quelle que soit la localisation) a déjà été établi dans de nombreuses études. Récemment, la Professeure Marie-Elise Parent, de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) du Canada a publié les résultats d’une nouvelle étude faisant état d’une corrélation entre obésité abdominale et cancer de la prostate. Il semblerait en effet que l’obésité localisée dans la zone abdominale constituerait un risque plus élevé de voir apparaître une tumeur prostatique agressive.
Pour établir le lien de cette association obésité abdominale – cancer agressif de la prostate, l’équipe de scientifiques a analysé les données d’une enquête conduite à Montréal entre 2005 et 2012 sur 1 931 patients. Grâce à ces observations, les chercheurs se sont aperçus que l’obésité au niveau de l’abdomen augmentait fortement le risque de développer un cancer agressif.
Comme le souligne l’auteure de cette étude, réussir à identifier les facteurs de risque des formes agressives de cancer représente une avancée considérable dans la recherche. Ce type de cancer est souvent difficile à traiter. Les résultats des études permettent de mettre en place des mesures préventives et une surveillance rapprochée des personnes à risques afin d’éviter la survenue d’une tumeur maligne agressive de la prostate.
D’autre part, il semblerait également que la répartition de la graisse sur le corps ait un lien sur le développement de la pathologie cancéreuse. L’obésité entraîne des conséquences variables selon si elle est concentrée sur la zone abdominale ou répartie sur tout le corps.
Les scientifiques ont pu ainsi observer que l’obésité localisée sur l’abdomen pouvait provoquer des variations hormonales et métaboliques. Ces dernières sont susceptibles d’encourager le développement des cellules cancéreuses hormono-dépendantes. L’obésité abdominale serait corrélée à une diminution de la testostérone et à un état inflammatoire chronique favorisant la croissance des cancers agressifs de la prostate.
L’obésité générale, quant à elle, rendrait la détection du cancer de la prostate plus difficile, car le taux de PSA chez les personnes en fort surpoids est plus dilué dans le sang (hémodilution).
Ces découvertes importantes constituent un point de départ intéressant pour les recherches futures. L’équipe de scientifiques en charge de l’étude souhaite désormais étudier la relation entre l’âge de survenue de l’obésité chez l’individu et le développement du cancer de la prostate.
À propos de L’INRS et de la publication,
l’INRS est un département universitaire Canadien dédié uniquement à la recherche et à la formation aux cycles supérieurs. Fondé en 1969, il participe activement au développement social, économique et culturel du Québec et occupe la 1re place en termes de recherches scientifiques québécoises. Il est constitué de 4 centres de recherche et de formation interdisciplinaires dans différentes villes du Québec (Montréal, Québec, Laval, Varennes). Outre le secteur de la santé, leurs activités portent également sur l’urbanisation, les télécommunications ou encore l’environnement.
Les résultats de l’étude ont été publiés en avril 2021 dans la revue Cancer Causes & Control au sein de l’article intitulé « General and abdominal obesity trajectories across adulthood, and risk of prostate cancer : results from the PROtEuS study, Montreal, Canada ». Les auteurs sont Éric Vallières, Miceline Mésidor, Marie-Hélène Roy-Gagnon, Hugues Richard et Marie-Élise Parent.
La Société canadienne du cancer, la Société de recherche sur le cancer, le Fonds de recherche du Québec Santé, le ministère de l’Économie et de l’Innovation et l’IRSC ont apporté leur soutien financier aux chercheurs dans le cadre de cette étude.
Sources :
Institut National de la recherche scientifique (INRS) –Le cancer de la prostate lié à l’obésité
Institut National du cancer –Le cancer de la prostate

Le Dr DAVODY est un chirurgien urologue spécialisé en médecine régénérative. il est inscrit depuis 1984 au tableau de l’Ordre des Médecins de la ville de Paris, spécialiste en urologie, DU d’andrologie, DU de médecine esthétique et réparatrice génitale . Il est également expert (H) près la Cour d’Appel de Paris.










