Face au cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, le choix des séquences de chimiothérapie à initier s’est diversifié. Les résultats de plusieurs grandes études ont en effet mis en évidence l’intérêt de certaines séquences thérapeutiques face à ce type de tumeurs, permettant par la même d’y voir plus clair quant aux possibilités de traitements.

 

Tour d’horizon des publications

L’intérêt de la chimiothérapie précoce par Docetaxel (Taxotere) a été mis en évidence par CHAARTED et STAMPEDE pour les formes de cancers métastatiques hormono-sensibles. L’efficacité de l’Acétate d’Abiratérone (Zytiga) a été démontrée par LATITUDE, de l’Enzalutamide (Xtandi) par PROSPER, du Darolutamide par AZRAMIUS face au cancer prostatique métastatique résistant à la castration.

Plus récemment, deux traitements ont été plébiscités en cas d’échec du Docetaxel ou d’une hormonothérapie : l’Enzalutamide (résultats publiés par ENZAMET et ARCHES) et l’Apalutamide (résultats publiés par TITAN).

Toutefois, face aux tumeurs de haut volume, ayant une survie globale avoisinant les 35 mois et un Hazard Ratio (HR) approchant 0,6, il n’existerait pas de différence notable entre les traitements par Docetaxel et Acétate d’Abiratérone (selon LATITUDE et CHAARTED). Ces données ont été confortées par ENZAMET et TITAN.

 

Le point sur les études récentes

Le Docteur Philippe Beuzeboc, chef du département Oncologie de l’Hôpital Foch à Suresnes, explique que la première notion importante concerne le choix de traitements entre Docetaxel et les nouvelles hormonothérapies. Le seul facteur prédictif clinique est la durée d’hormonosensibilité initiale qui, lorsqu’elle est courte, indique une faible réponse à l’hormonothérapie. Or, un score de Gleason élevé ne peut prédire un échec de réponse à une nouvelle hormonothérapie, selon une dernière méta-analyse.

Par ailleurs, une équipe de l’IGR et du Royal Marsden de Londres a récemment mis en évidence l’existence d’une résistance croisée entre les nouvelles hormonothérapies. Les scientifiques avaient administré de l’Acétate d’Abiratérone après de l’Enzalutamide, obtenant ainsi une réponse biologique de 8 %, avec une médiane de survie sans progression de seulement 2,7 mois. L’administration de l’Enzalutamide après Acétate d’Abiratérone confère, quant à elle, un taux de réponse biologique de 27 %, avec une médiane de survie sans progression de 8,1 mois. Globalement, comme le montre un essai de phase II randomisé comparant les deux nouvelles hormonothérapies avec cross-over, aucune nouvelle hormonothérapie n’a présenté une efficacité plus importante que l’autre sur le temps jusqu’à progression. L’intérêt de combiner les deux molécules n’est donc pas probant.

Une autre constatation émerge de ces récents essais : le Docetaxel, administré en monothérapie, conserve sa place de première ligne de chimiothérapie de référence après échec d’une nouvelle hormonothérapie. Plus le traitement est administré rapidement, lorsque le patient est encore asymptomatique, meilleure est la réponse. La séquence nouvelle hormonothérapie puis Docetaxel ne diminuent en rien les chances de réponse au traitement.

Face à la progression de la maladie après administration d’une nouvelle hormonothérapie puis du Docetaxel (et vice versa) en phase hormonale sensible, Le Cabazitaxel serait le traitement de référence à prévoir, selon l’étude CARD. Les résultats de l’essai mettent en évidence un bénéfice en termes de survie globale et éliminent l’idée d’administrer une autre nouvelle hormonothérapie après la progression sous ces deux molécules.

Concernant les cancers de la prostate métastatique avec altération au niveau des gènes de réparation de l’ADN, l’étude PROfound a, de son côté, démontré l’intérêt de l’Olaparib comme traitement de référence.

 

Ce qu’il faut retenir

Tous ces résultats nous permettent aujourd’hui de simplifier la prise en charge thérapeutique du cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, et nous offrent un aperçu des nouvelles séquences à proposer :

  • Les nouvelles hormonothérapies doivent être initiées en première intention (excepté en cas de réponse courte à la suppression androgénique) ;
  • Le choix de la nouvelle hormonothérapie dépend de chaque dossier patient ;
  • Il n’existe pas de bénéfice à administrer une deuxième ligne de nouvelle hormonothérapie ;
  • Le Docetaxel reste le traitement de référence pour la 1re ligne de chimiothérapie ;
  • Le Cabazitaxel présente un intérêt supérieur à une 2de ligne de nouvelle hormonothérapie et devient le traitement de référence en cas de progression après traitement par nouvelle hormonothérapie et Docetaxel ;
  • L’Olaparib devient le traitement de référence en cas de progression après une première ligne de nouvelle hormonothérapie, face à une altération du gène de l’ADN.

 

Référence :

Beuzeboc P : Séquences thérapeutiques du cancer de la prostate résistant à la castration métastatique. Séance plénière 3. État de l’art 10. 113e Congrès français d’Urologie (Paris) : 20-23 novembre 2019.

 

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