Vous êtes suivi pour un cancer de la prostate et vous vous posez sans doute des questions face à l’épidémie de coronavirus COVID-19 qui sévit actuellement.

Voici quelques éléments de réponse avec les dernières informations données par les autorités sanitaires. Vous pouvez également vous rapprocher de l’équipe soignante chargée de vos traitements afin d’obtenir des précisions sur vos rendez-vous et les consignes à respecter.

 

Puis-je continuer mon traitement contre le cancer de la prostate ?

Certains traitements administrés contre le cancer prostatique peuvent fragiliser le système immunitaire. C’est le cas notamment de la chimiothérapie et de certains essais cliniques. Par ailleurs, les allers-retours en centre de soins (chimiothérapie, radiothérapie…) peuvent augmenter le risque de contamination. Cependant, les traitements ne doivent pas être interrompus sans l’accord préalable de votre médecin.

Pour éviter tout risque inutile, contactez l’équipe soignante responsable de vos traitements pour connaître les modalités à appliquer. Il est possible que certains traitements soient suspendus ou modifiés. Certains peuvent être maintenus à domicile. Dans ce cas de figure, on recommande de limiter les sorties au maximum et de respecter les règles du confinement, actuellement en vigueur.

En revanche, si la réalisation de vos traitements est impossible à la maison, l’équipe de soins vous enverra une prescription de transport pour vous rendre dans votre centre de soins habituel. Les gestes barrières et la distanciation sociale sont primordiaux.

 

Un retard de traitement peut-il empêcher son efficacité ?

Le cancer de prostate évolue souvent lentement. Un retard ou une modification de traitement, initié par votre médecin habituel, ne devrait pas avoir d’impact sur son efficacité. Cette décision sera prise avec votre accord, en vous expliquant toutes les options possibles.

Concernant les examens de contrôle ou les rendez-vous de consultations, un contact par téléphone est à privilégier (téléconsultation, conseils). En cas de rendez-vous déjà prévu, vous pouvez appeler le secrétariat du service concerné pour être certain que le rendez-vous physique est bien maintenu.

 

Que faire en cas de symptômes inquiétants ?

Si vous craignez d’être atteint par le coronavirus (contact avec une personne infectée, présence de toux persistante, de difficultés respiratoires ou de fièvre élevée), ne vous déplacez pas directement au cabinet médical. Dans un premier temps, contactez par téléphone le service où vous réalisez habituellement vos traitements, ou le SAMU.

Les professionnels de santé vous donneront alors les recommandations quant à la marche à suivre. Si vous êtes un proche d’une personne atteinte de cancer de prostate, surveillez tout symptôme suspect, particulièrement si le malade a plus de 70 ans, et n’hésitez pas à contacter son médecin en cas de besoin. Dans la mesure du possible, essayez de respecter une distance avec le patient, même si vous vivez sous le même toit.

 

Je dois subir une chirurgie de prostate, sera-t-elle maintenue ?

Chirurgie cancer ProstateeLa prostatectomie radicale est une option thérapeutique pour traiter le cancer de la prostate localisé. Actuellement toutes les interventions non urgentes sont déprogrammées dans tous les établissements de santé pour réserver toutes les ressources médicales pour les patients COVID 19.

Il semble qu’une prise en charge retardée de deux mois pour les formes localisées de risque intermédiaire et élevé soit sans impact significatif sur le résultat carcinologique. Source : 4. Bourgade V, Drouin SJ, Yates DR et al. Impact of the length of time between diagnosis and surgical removal of urologic neoplasms on survival. World J Urol, 2014 Apr ; 32(2) :475-9.

Les formes à haut risque des patients candidats à la radiothérapie peuvent être gérées par la mise en place d’une suppression androgénique neo-adjuvante comme le suggère les recommandations actuelles de la Société Française de Radiothérapie et d’Oncologie (SFRO). Une attitude similaire pourrait être discutée chez des patients candidats à la chirurgie ; son impact bénéfique sur la survie n’a pas été démontré, cette attitude ne peut faire l’objet d’une recommandation

Source : WorldHealthOrganization.Clinical management of severe acute respiratory infection when  novel coronavirus (nCoV) infection is suspected – https://www.who.int/publications-detail/clinical-management-of-severe-acute-respiratory-infection-when-novel-coronavirus-(ncov)-infection-is-suspected.

 

En cours de radiothérapie, puis-je me rendre aux séances quotidiennes ?

Radiothérapie cancer prostateLes séances de radiothérapie déjà commencées peuvent être maintenues après avis médical. La radiothérapie n’affecte pas vos défenses immunitaires. Vous ne présentez donc pas de risque accru de tomber malade.

En revanche, si le traitement n’a pas encore débuté, votre médecin peut décider de le décaler afin de limiter les risques de contracter le coronavirus lors de vos déplacements en centre de radiothérapie.

Le radiothérapeute — ou un manipulateur radio — vous donnera toutes les informations nécessaires pour que votre traitement se passe dans les meilleures conditions.

 

Puis-je réaliser ma chimiothérapie ?

La chimiothérapie peut accroître le risque de contracter le coronavirus. Elle agit sur le système immunitaire, et implique des rendez-vous réguliers à l’hôpital, ce qui augmente le risque de contamination. Si le traitement de chimiothérapie n’a pas encore débuté, votre médecin oncologue peut vous proposer d’autres traitements afin de contrôler la maladie avant de pouvoir débuter la chimiothérapie en toute sécurité. En revanche, si vous avez déjà débuté les injections, l’oncologue ou les infirmières devront statuer quant à la suite à donner à ce traitement.

 

Un traitement hormonal augmente-t-il mon risque d’attraper le coronavirus ?

Les traitements hormonaux standard (analogues de la LHRH, antagonistes de la GnRH et  anti-androgènes) ne présentent pas de risque augmenté de contracter le coronavirus, car ils n’affectent pas votre système immunitaire.

Un traitement par Zitiga (abiratérone) + prednisolone ou prednisone peut accroître légèrement le risque d’attraper des infections, selon les doses prises. Le risque est cependant accru pour les patients traités par Xtandi (enzalutamide) qui affecte considérablement le nombre de globules blancs présents dans le sens.

 

Dois-je continuer le contrôle du taux de PSA tous les 3 mois ?

Afin de limiter les sorties et le risque de contracter le virus en centre de soins, votre médecin peut espacer ces contrôles de 3 à 6 mois. Il peut aussi vous prescrire la réalisation de cette prise de sang à domicile, par une infirmière.

 

Annexe : Recommandations du CCAFU sur la prise en charge des cancers de l’appareil urogénital en période de COVID-19

Le Comité de Cancérologie de l’AFU (CCAFU) a établi des recommandations que nous reproduisons ci-après :

Diagnostic :

La prise en charge diagnostique n’est pas modifiée en cas d’augmentation du PSA, avec toucher rectal et demande d’IRM multiparamétrique.

C’est la disponibilité des IRM, qui conditionnera la date de réalisation des biopsies de la prostate. Le délai risque d’être augmenté par la mobilisation des ressources de radiologie pour la prise en charge des patients COVID 19.

En cas de suspicion de cancer de la prostate à haut risque ou métastatique (T3/4, PSA, imagerie) les biopsies de la prostate doivent être réalisées sans délai, sans IRM préalable.

Dans certains cas une complication est révélatrice de cancer de la prostate et nécessite une prise en charge spécifique :

  1. En cas de suspicion de compression médullaire secondaire à un cancer de la prostate métastatique, les examens d’imagerie spécifiques et les biopsies prostatiques seront effectués en urgence afin de ne pas retarder le traitement hormonal simultanément au traitement symptomatique.
  2. En cas d’insuffisance rénale obstructive secondaire à un cancer de la prostate localement avancé, des biopsies en urgence seront effectuées avant traitement hormonal parallèlement à la prise en charge symptomatique.

Surveillance active :

Les IRM et les biopsies effectuées dans le cadre de la surveillance active doivent être différées.

Modalités des biopsies :

Chez les patients COVID 19 ou suspect de COVID 19, les biopsies doivent être reportées, respectivement, jusqu’à guérison ou élimination de l’infection.

En cas de patient non-suspect de COVID 19, il faut cependant tenir compte de la présence potentielle de coronavirus dans les selles.

Les adaptations sont mineures et calquées sur les recommandations de la Société Française d’Endoscopie Digestive pour la réalisation des endoscopies digestives :

  1. Porter des vêtements dédiés, une sur-blouse, une protection de la chevelure, des sur-chaussures, un masque (FPP1), des lunettes de protection, une double paire de gants et utiliser les poubelles jaunes pour le matériel jetable (DASRI).
  2. Les décontaminations, tant des endoscopes que des surfaces n’ont pas à être modifiées.

 

Traitement Cancer localisé

En période de contingentement sanitaire, il est important d’adapter la prise en charge des patients porteurs d’un cancer de la prostate au risque de décès spécifique par cancer.

L’impact du retard de prise en charge lié aux conditions sanitaires doit également être analysé. Les formes localisées les plus à risque correspondent aux tumeurs indifférenciées chez les patients jeunes.

Le risque de récidive après traitement local peut être évalué par plusieurs classifications et nomogrammes. La plus fréquemment utilisée en urologie est celle établie par d’Amico. Les patients qui présentent des formes localisées de risque faible et intermédiaire peuvent être pris en charge de façon décalée sans impact majeur. Il semble qu’une prise en charge retardée de deux mois pour les formes localisées de risque intermédiaire et élevé soit sans impact significatif sur le résultat carcinologique.

Les formes à haut risque des patients candidats à la radiothérapie peuvent être gérées par la mise en place d’une suppression androgénique neo-adjuvante comme le suggère les recommandations actuelles de la Société Française de Radiothérapie et d’Oncologie (SFRO). Une attitude similaire pourrait être discutée chez les patients candidats à la chirurgie ; son impact bénéfique sur la survie n’a pas été démontré, cette attitude ne peut faire l’objet d’une recommandation.

Faible risque :

  • La surveillance active doit continuer à être privilégiée.
  • Le report des biopsies de confirmation et de suivi doit être discuté pour chaque patient.

Risque intermédiaire

Le traitement peut être différé d’au moins 2 mois.

Haut risque et cancer localement avancé :

  • Radiothérapie : l’hormonothérapie n’est pas à différer, les modalités de radiothérapie seront conformes aux recommandations de la SFRO.
  • Prostatectomie et curage ganglionnaire : en cas d’impossibilité de réalisation dans les 2 mois, on doit discuter une orientation vers une hormono-radiothérapie. On pourrait également discuter une hormonothérapie d’attente avant prostatectomie (sans recommandation pour cela).

Cancer métastatique

Il est essentiel de maintenir les mesures de préventions des complications thérapeutiques et les soins de supports qui seront adaptés aux contraintes du confinement (activité physique, nutrition, …).

Le suivi des patients doit se faire de façon préférentielle par téléconsultation pour éviter leurs déplacements. Il est souhaitable de rapprocher la surveillance des patients ayant un cancer avancé pour éviter au maximum la nécessité de recours aux hospitalisations non- programmées et les passages aux services des urgences.

a.    Cancer de la prostate métastatique sensible à la castration

Hormonothérapie par agoniste ou antagoniste de la GnRH d’emblée associée à une hormonothérapie de deuxième génération (HTNG). Dans ce cas utiliser l’apalutamide ou l’enzalutamide (ATU) plutôt que l’acétate d’abiratérone (du fait de la nécessité d’y associer une corticothérapie contre indiquée en cas de COVID 19). Eviter la chimiothérapie par docetaxel pour éviter les déplacements hospitaliers et la baisse potentielle de l’immunité.

b.    Cancer de la prostate résistant à la castration

  • Pour les patients non pré-traités par HTNG, il est recommandé de privilégier une HTNG par enzalutamide plutôt que le docétaxel afin de préserver l’immunité et de limiter les déplacements des patients. L’acétate d’abiratérone n’est pas recommandé du fait de son association aux

corticoïdes.

  • En cas d’indication à une chimiothérapie, il est important de pondérer l’emploi de celle-ci avec le risque infectieux, de discuter une réduction du nombre de cycles et de doses, d’utiliser de façon systématique du G-CSF et de limiter l’exposition aux corticoïdes.

c.    Cancer de la prostate en récidive après traitement local

Les traitements de rattrapage après traitement local ne s’inscrivent pas dans le cadre de l’urgence et peuvent être différés.

Source : https://www.urofrance.org/sites/default/files/consignes_ccafu_-_covid-19_afu_ccafu.pdf

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