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Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent en France, bien qu’il ne touche que la population masculine. Cette maladie peut prendre différentes formes, mais il s’agit généralement d’un cancer qui survient tardivement et évolue lentement. De fait, de nombreux hommes vivent avec un cancer de la prostate sans le savoir, et décèdent d’autres causes avant que ce dernier n’ait eu de conséquences graves sur leur santé.

À l’heure actuelle, le Zytiga est le traitement médical le plus répandu pour traiter le cancer de la prostate à un stade avancé, lorsqu’il ne répond plus ou pas à d’autres thérapies.

 

Le cancer de la prostate, qu’est-ce que c’est ?

Le cancer de la prostate est une maladie qui se manifeste par la formation de tumeurs malignes localisées au niveau de la prostate, organe du système reproducteur masculin. La forme de cancer de la prostate la plus répandue est l’adénocarcinome, et se caractérise par la formation de tumeurs dans les cellules glandulaires de la prostate. Plus rarement, d’autres formes de cancers peuvent toucher la prostate. C’est le cas du carcinome urothélial, du sarcome, ou encore du carcinome à petites cellules.

En France, le cancer de la prostate est le plus répandu chez l’homme, comptant à lui seul 26% des cas de cancers masculins en 2011. Derrière ces chiffres inquiétants, le cancer de la prostate n’arrive qu’en troisième place des cancers masculins les plus mortels, derrière le cancer du poumon et celui du côlon. Pour cause, les traitements évoluent et le dépistage se popularise, engendrant une baisse en constante progression du nombre de décès consécutifs à cette maladie depuis 1990.

Parmi les traitements disponibles pour lutter contre les cancers de la prostate à un stade avancé, on trouve le Zytiga, qui voit aujourd’hui son efficacité accentuée grâce aux avancées de la recherche médicale.

 

Le traitement au Zytiga contre le cancer de la prostate à l’heure actuelle

Le Zytiga, ou acétate d’abiratérone, est un traitement médical antihormonal, c’est-à-dire qui vient inhiber la production d’hormones, et notamment de testostérone. Il est prescrit dans le traitement de cancers hormonodépendants, dont la croissance est susceptible d’être stimulée par les hormones naturellement produites par l’organisme de l’homme, comme c’est le cas du cancer de la prostate.

Le Zytiga ne permet pas de guérir du cancer, mais a vocation à allonger la durée de vie du patient en ralentissant l’évolution de la maladie.

Encore récent, le Zytiga n’a reçu son autorisation de mise sur le marché en 2011 seulement, après avoir démontré son efficacité en termes d’augmentation de la durée de survie des malades atteints de cancers de la prostate à un stade avancé.

Il est tout d’abord indiqué dans le cadre de cancers métastatiques résistants aux traitements chimiothérapiques et hormonothérapies, avant de voir son utilisation élargie aux patients n’ayant pas subi de chimiothérapie.

Sous sa forme actuelle, le Zytiga engendre des effets secondaires parfois lourds (œdèmes, hypokaliémie, infections urinaires, hypertension artérielle, atteintes hépatiques et cardiaques, etc.) et sa prise s’avère contraignante. Il doit, en effet, être absorbé après au moins 2h de jeûne et au moins 1h avant la prise du prochain repas pour garantir une biodisponibilité satisfaisante.

Pour cause, le Zytiga ne se dissout pas entièrement dans l’estomac du patient, et seule une dose minime de ses actifs (moins de 10%) est réellement absorbée par l’organisme.

 

Zytiga et espérance de vie

Ces récentes découvertes apportent de nouveaux espoirs dans la lutte contre la maladie répandue qu’est le cancer de la prostate. Si l’efficacité accrue de cette nouvelle formule au Zytiga n’a toujours pas vocation à offrir un traitement curatif, elle pourrait prolonger davantage l’espérance de vie des hommes atteints d’un cancer à un stade avancé, tout en diminuant l’occurrence des effets secondaires, parfois lourds et, actuellement, très fréquents.

Par ailleurs, la formulation novatrice mise au point pour optimiser la biodisponibilité du traitement ouvre la porte à de nouvelles avancées scientifiques dans d’autres branches médicales. Le Zytiga est, en effet, loin d’être le seul médicament dont la biodisponibilité limitée bride les effets thérapeutiques, et les chercheurs à l’origine de cette découverte ont bon espoir de voir leur formule être adaptée à de nombreux autres traitements.

 

Durée du traitement du Zytiga

La durée moyenne de prise du Zytiga évolue entre 8 et 24 mois en fonction du type de cancer de la prostate. Le traitement est en général poursuivi aussi longtemps qu’il est constaté comme efficace.

 

Quels sont les traitements après une cure de Zytiga ?

Habituellement, le Zytiga est prescrit chez les patients touchés par un cancer de la prostate métastatique :

  • hormono-sensible à risque élevé de rechute, en association avec un traitement de suppression androgénique ;
  • résistant à la castration après échec du traitement par suppression androgénique, chez des patients qui n’ont pas reçu de chimiothérapie et présentent peu ou pas de symptômes ;
  • résistant à la castration, chez des hommes dont la maladie a évolué sous chimiothérapie par Docetaxel ou après celle-ci.

Dans certains cas, le Zytiga est associé à une chimiothérapie. En dehors de ce traitement, la prise en charge thérapeutique mise en place peut consister à administrer un traitement médicamenteux ou une radiothérapie dans le but de soulager les symptômes de la maladie, et à apporter du confort dans la qualité de vie des patients (traitement palliatif).

 

Une nouvelle formule de traitement au Zytiga plus efficace et moins contraignante

En 2020, une étude australienne apporte sa pierre à l’édifice de la recherche contre le cancer, avec la mise au point d’une nouvelle formule à l’acétate d’abiratérone offrant une meilleure biodisponibilité. Dans cette nouvelle formule, l’acétate d’abiratérone est conditionné dans des capsules à base d’huile, substance qui permet de dissoudre le médicament et d’optimiser son absorption.

Selon l’étude, cette nouvelle formule permet d’accroître l’efficacité du traitement de 40% et de réduire significativement l’apparition d’effets secondaires, notamment articulaires et intestinaux. Au-delà de la question de l’efficacité du médicament, la nouvelle formulation du Zytiga pourrait peser lourd dans l’amélioration de la qualité de vie du patient, permettant notamment de se passer du besoin de jeuner, aujourd’hui indispensable pour parvenir à absorber en partie le médicament.

 

Quels sont les effets secondaires du Zytiga ?

Le Zytiga, comme tout traitement du cancer, peut entraîner des effets secondaires indésirables. Les effets secondaires indésirables les plus fréquents du Zytiga sont :

  • HTA (hypertension artérielle)
  • asthénie importante (grande fatigue)
  • douleurs au niveau des articulations
  • nausées, vomissements
  • bouffées de chaleur
  • diarrhée
  • œdème des membres inférieurs
  • hypokaliémie
  • toux
  • maux de tête
  • infection des sinus, de la gorge ou du nez (rhinite)
  • élévation ou anomalie de certains taux sanguins (notamment cholestérol, triglycérides, sucre…)

Certains d’entre peuvent révéler la présence de pathologies plus sévères, notamment :

  • Hypertension artérielle (HTA), hypokaliémie (taux de potassium trop bas dans le sang), œdème (rétention d’eau), battements du cœur irréguliers ou trop rapides. Votre suivi médical sous Zytiga nécessitera des prises régulières de tension artérielle, et des bilans sanguins (tous les mois). Des signes révélateurs peuvent se présenter sous la forme d’étourdissements, de sensation d’évanouissement, de confusion, de maux de tête, d’une faiblesse musculaire, de douleurs ou de gonflement dans les membres inférieurs.
  • Troubles surrénaliens, notamment à l’arrêt de la prednisone, en présence d’une infection ou en cas de stress.
  • Troubles hépatiques sévères, visibles au contrôle de la fonction rénale lors d’un bilan sanguin, pouvant aller jusqu’à une insuffisance hépatique (pathologie létale). Des analyses de sang sont programmées avant de débuter le traitement, et pendant celui-ci. En présence d’un jaunissement de la peau, de nausées ou de vomissements importants ou d’un noircissement des urines, contactez votre équipe de santé de manière urgente.
  • Risque plus important de fracture osseuse et de décès en cas d’association du Zytiga-Prednisone ou de la Prednisolone avec dichlorure de radium Ra 233 (un type de rayonnement). Informez bien votre médecin de tous les traitements que vous prenez afin d’éviter les interactions potentiellement dangereuses.
  • Hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang) sévère, notamment chez les patients atteints d’un diabète et traités par certains médicaments antidiabétiques. Le taux de sucre dans le sang doit être contrôlé très régulièrement pendant toute la durée du traitement de Zytiga, et même après la fin du traitement. Par ailleurs, votre médecin peut adapter la dose de vos traitements contre le diabète. Certains symptômes peuvent évoquer la présence d’une hypoglycémie, comme des maux de tête, une faiblesse générale, une confusion, la faim, une transpiration, un rythme cardiaque élevé, de la somnolence, des étourdissements, une nervosité et irritabilité…

Par ailleurs, le Zytiga peut provoquer des troubles de la fertilité impactant leur capacité à concevoir. Votre médecin peut vous informer sur cet effet secondaire et répondre à vos inquiétudes.

Cette liste est non exhaustive. Dès l’apparition d’un ou plusieurs de ces signes cliniques, il est absolument indispensable d’en faire part à votre équipe de soins pour adapter le traitement et réduire les risques de complications.

En effet, le code de la santé publique implique que tout effet indésirable suspecté d’être induit par un médicament connu soit signalé auprès du centre régional de pharmacovigilance (CRPV) dont votre médecin dépend. Ce centre a pour but d’évaluer la responsabilité d’un médicament dans l’apparition de l’effet secondaire. Il recense le signalement dans une base de données, ce qui permet ensuite d’entamer des recherches plus élaborées en présence d’autres signalements.

 

Est-ce que le Zytiga fatigue ?

Les traitements du cancer de la prostate ainsi que la maladie peuvent entraîner une perte d’énergie et une fatigue importante inhabituelle. Le Zytiga n’est pas en reste, et la prise de ce traitement peut entraîner une grande faiblesse ou fatigue. Toutefois, celle-ci n’est pas nécessairement liée uniquement au Zytiga. Vous pouvez faire part de cet effet secondaire indésirable à votre médecin au cours d’une consultation.

 

Bibliographie :

  1. https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-de-la-prostate ;
  2. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5488144/ ;
  3. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0378517320302489